bandeau haut
reportages 2006 2007 2008 2009 2010 campo
lequipe
cartels archives liens mentions legales

 
 
 

 

 

 
 

 
 
contact
 

 

LOGO
Communiqué de Presse : 1977 la deuxième Cape d'Or

 

nimeno

Photo : DR

Après les incidents qui ont marqué au sein de La Peña Antonio Ordoñez de Nîmes la parution d’un livre collectif intitulé La Peña Antonio Ordoñez : un demi-siècle d’aficion , et en total soutien de ceux des membres qui ont dénoncé une falsification historique en forme d’omission dans cet ouvrage, je prends personnellement la liberté de vous adresser ci-joint un texte retraçant les faits et les raisons de cette malheureuse affaire, dérisoire de bêtise, avec les commentaires qui me paraissent s’imposer .

Je précise que j’ai été avec quelques autres à l’origine de la découverte de la supercherie.

Je vous remercie par avance de l’écho que vous jugerez bon de donner à ce manquement à l’indispensable et obligatoire respect des faits historiques, en rappelant qu’il s’agit en l’occurrence d’une période de l’histoire taurine de Nîmes chère au cœur des Nîmois, et que par ailleurs cet ouvrage a bénéficié d’une subvention municipale, ce qui implique évidemment des obligations morales.

Je vous assure de ma volonté d’assumer entièrement ma démarche et vous prie d’agréer l’assurance de mes meilleurs sentiments.

Jacques Boyer 

1977 : La deuxième « CAPE D’OR » de NIMENO II

La Peña Antonio Ordoñez est bien connue à Nîmes et dans la région, notamment comme la créatrice du fameux trophée de la Cape d’Or qui récompense chaque année depuis 1963, lors de la novillada d’ouverture de la saison nîmoise, le meilleur novillero du jour.

Créée le 1er janvier 1961 avec l’accord amical du célébrissime maestro de Ronda, la vénérable société porte toujours fièrement le nom de son parrain et en cette année 2010, elle fête le cinquantenaire de sa création.

Pour marquer l’anniversaire, la bonne idée a été lancée d’écrire l’histoire de ces cinquante ans d’aficion.- histoire à laquelle s’ajouterait une évocation personnalisée d’Antonio Ordoñez et bien sûr l’inventaire historique des novilladas de la Cape d’Or, dont la liste des vainqueurs constitue le superbe florilège de presque un demi-siècle de fiesta brava à Nîmes.

Quatre des membres de la Peña se sont alors attelés à la tâche et au prix d’un travail long et ardu ont réalisé le projet et co-signé l’ouvrage, qui est paru pour la feria de Pentecôte, aidé par une subvention très correcte de la municipalité nîmoise.

Or plusieurs des premiers lecteurs, en feuilletant le chapitre consacré à l’histoire de la Cape d’Or, ont constaté une omission extrêmement regrettable : le gagnant de la novillada de 1977 ne figure pas dans le tableau de présentation des vainqueurs (page 205) et par ailleurs aucune mention de cette novillada n’est faite dans la série d’articles consacrés à celles où le trophée a été décerné – à l’exclusion bien entendu des dix ou douze fois où il ne l’a pas été.

Il faut trouver la seule trace concernant 1977 dans un tableau récapitulatif « télégraphique » en fin de volume.

Ainsi le lauréat de cette année là est purement et simplement passé sous silence dans le cœur de l’ouvrage comme si la Cape d’Or n’avait pas été attribuée !

Or elle l’a bel et bien été, et qui plus est pas à n’importe qui !

En effet, le vainqueur de cette année 1977 n’est autre que Christian Montcouquiol « Nimeño II », héros trop tôt disparu dont le souvenir affectueux est dans toutes les mémoires. Il avait déjà obtenu la Cape d’Or en 1976, très bien relatée d’ailleurs dans le livre en question. Il devenait donc – et il est encore aujourd’hui – le seul novillero à l’avoir obtenue deux fois.

A un mois de son alternative à Nîmes, alors qu’il aurait pu éviter cette novillada et le risque toujours présent de ne pas triompher, il avait dû batailler ferme pour s’imposer devant des novillos exécrables.

Le vrai motif, alors, de cette omission qui n’est pas du tout un oubli ? On vous le donne en mille : les novillos du jour, si mauvais, si impropres au toreo, provenaient de l’élevage de Belen Ordoñez, fille du matador, et il fallait à tout prix éviter, ce sont les auteurs eux-mêmes qui l’avouent, que le nom du grand Antonio puisse être associé par les lecteurs d’aujourd’hui à cet échec ponctuel d’éleveur – comme si la gloire majeure et éternelle du Maestro disparu pouvait souffrir d’un lot de novillos raté !

Et c’est Christian qui dans l’affaire est passé à la trappe !

Il s’agissait, nous dit-on, d’une décision collective des auteurs : quelle aberration de mentir, serait-ce par omission, pour cacher une vérité !

L’affaire aurait pu et dû se régler en interne au sein de la Peña, par exemple et tout simplement sous la forme d’un « erratum » ou « additif » glissé à la page adéquate dans le livre avant sa mise en vente, comme cela se fait couramment et comme le fait d’ailleurs, à l’occasion de ses dédicaces personnelles, l’un des auteurs qui a reconnu la faute commise, la regrette profondément et s’est désolidarisé de ses co-auteurs. Il faut saluer son honnêteté intellectuelle et son courage au moment où il renonce en quelque sorte à la satisfaction collective de l’énorme travail accompli.

Mais l’entêtement déraisonnable ou la résignation des autres signataires et la violence verbale de l’un d’entre eux à refuser contre toute logique, contre tout bon sens, de rétablir la vérité des faits a gâché le plaisir de la parution de l’ouvrage et l’ambiance de la Peña : au cours d’un débat houleux le 12 mai, des membres demandant aux auteurs de régler le problème ont été traités entre autres de « détracteurs ».

Mais qui sont les détracteurs dans cette histoire stupide ?

Et vous, lecteurs de ce livre, rappelez-vous qu’après la page 347, où on voit Nimeño triomphant en 1976, la page 348 est toute blanche. On lui escamote là la mémoire de sa deuxième Cape d’Or !


Jacque Boyer Montpellier le 10 septembre 2010.


PS : Une tentative grotesque de camoufler l’omission : la modification du titre de la page 305

Dans la première impression arrêtée pour cause de fautes typographiques et informatiques non corrigées, mais dont plusieurs exemplaires ont circulé lors d’une conférence de presse le 10 mai, le titre figurant à la page 305 est « Les trente quatre novilladas de la Cape d’Or récompensées », ce qui conformément à la syntaxe, signifie que la liste est complète.

Or elle ne l’est pas puisque celle de 1977 a été omise et que le nombre attesté par l’histoire à ce jour est trente cinq et non pas trente quatre.

Devant la montée de la contestation, on a utilisé lors de la deuxième impression définitive un subterfuge syntaxique qui a consisté à supprimer l’article « Les » dans le titre pour pouvoir prétendre que ladite suite n’avait plus, grammaticalement parlant, l’obligation d’être complète et « justifier » par là l’omission !

C’est ainsi que dans l’édition finale on lit à la page 305 : Trente quatre novilladas de la Cape d’Or récompensées.

... Perseverare diabolicum !

 

 

 

 

RETOUR