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Le C.F.T. nouvelle formule a fait sa rentrée

 

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Photo : Laure Crespy

Malgré l'intérêt qu'a pu susciter cet événement, c'est une inauguration " à la bonne franquette" que nous avait réservé le directeur du CFT Mr Christian Lesur, selon ses propres mots, soulignant ainsi l'aspect familial de cette rencontre. Toute son équipe avait d'ailleurs pris soin de décorer les arènes de Garons de quelques drapeaux tricolores mêlés aux drapeaux catalans. En effet quatre élèves de l'école taurine de Barcelone et leurs professeurs étaient présents, annoncant ainsi une future collaboration entre nîmois et barcelonais. Le directeur de l'école taurine espagnole, Luis Alcantara, a d'ailleurs exprimé sa gratitude à Mr Lesur, en ces temps de problèmes en terres catalanes: "C'est une petite fenêtre que vous nous ouvrez et nous vous en sommes très reconnaissants". Mr Daniel Vallade qui représentait la mairie de Nîmes a ensuite souligné l'importance du fait que cette école soit dirigée par un matador de toros et un artiste. Il ajouta qu'une école taurine nécessite des exigences intellectuelles et techniques et que l'association de Christian Lesur pour les cours théoriques et Camille Juan pour la partie physique et technique répondait à ces exigences.

D'ailleurs concernant ces fameux cours théoriques (une première en école taurine française), ils sont ouvert à tous: futurs toreros ou parents et curieux, et auront lieu dans la petite salle des arènes de Garons. En ce premier samedi par exemple il était question des bases bien sur: la cape, la muleta, mais aussi la théorie des terrains et la vision du toro (tous les cours seront ensuite publiés sur internet, un première ça aussi !). Subjugués, une douzaine d'élèves (la plupart n'ont pas 8 ans) ont participé à ce cours en posant de nombreuses questions, obtenant même le privilège de tenir dans leurs minuscules menottes une véritable épée de mort. "Vous avez vraiment tué des toros avec ça?!!" s'exclame Raphael, 10 ans. Rires dans la salle, avec modestie Christian lui répond: "un jour tu verras..."

Mais avant d'en arriver là il faut bien les faire travailler ces gamins, et cette partie là revient au matador de toros Camille Juan. Il les fit tout d'abord courir. Quelques tours de piste histoire de s'échauffer. Puis quelques étirements, assouplissements et il est déjà temps de prendre une paire de cornes, on entre dans le vif du sujet. Deux par deux, on fait le toro, puis on torée. Certains ont à peine 6 ans et tiennent les trastos pour la première fois. En fin d'après-midi ils sauront déjà faire une série à chaque main et un quite s'il vous plait! "Allez, ressent le!" s'exclame Camille, "si tu ne te régales pas comment veux tu faire régaler les gens qui te regardent?!". Non loin de là Christian veille au moindre détail: "ce charriot ne convient pas, il a les cornes trop basses, il faut le modifier."

En fin de séance Camille rassemble la petite troupe pour leur apprendre à tuer au charriot. Je m'étrangle, déjà?? Il m'explique: "Cette année ils vont déjà toréer des petits veaux et capéas et je veux que chaque faena se termine par un simulacre de mise à mort. Et pour cela il faut bien qu'ils sachent au moins par quel pied commencer."

Alignés sur l'estribo, emmitouflés dans leurs capes, les jeunes hommes gelés s'observent tour à tour, impatients d'essayer. Un homme passe avec un echelle, s'emparant ainsi de leur attention. Agacé, Camille les reprend: "si vous regardez encore cette échelle on arrête tout, je ne parle pas pour les cailloux! Virgile, partage ta cape avec Pablo, il a froid. Baptiste nous t'avons regardé lorsque c'était ton tour, alors regarde tes camarades". Et oui c'est aussi ça une école taurine. On y apprend pas seulement les bon gestes ou quelques anciennes théories. On y apprend de vraies valeurs, un savoir vivre, le respect et la tolérance, le courage et le dépassement de soi, bref, l'école de la vie.

Marie Barcelo

Reportage photographique : Laure Crespy photos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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