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Alès : Inégale corrida de Baltasar Iban - Une oreille pour Julien Miletto

 

julien miletto

Photo : El Tico

C'était la première pour la Société Caltoros dans les arènes du Tempéras d'Alès, et les aficionados a los toros cévenols ont du se frotter les mains lors de la sortie de chacun des six exemplaires de Don Baltasar Iban Valdès acquis par l'empresa, tant leur présentation était à la hauteur des exigences locales. Côté moral, il y eut de tout. Mais ça, ça fait partie du jeu avec ce genre de bétail. A noter toutefois que les trois premiers permettaient, et que le toro d'ouverture, en d'autres arènes, aurait peut-être eu droit à un meilleur sort tant sa noblesse piquante et son allant transmettaient d'émotion.

Côté piétons, belle prestation de Javier Valverde sur l'excellent premier, seulement gâchée épée en main, et forte oreille pour Julien Miletto sur son second après grosse pétition à l'issue de son premier combat. Le français n'a pas raté son entrée dans la saison, fort aléatoire avec ce type de corrida. Eduardo Gallo a montré de belles choses, mais s'est a été trop irrégulier.

Seule ombre au tableau : Un mistral violent et froid qui a molesté les toreros et frigorifié les étagères...

Laurent Deloye "El Tico"

Froide après-midi heureusement relevée par les qualités de notre français Julien Miletto qui coupa la seule oreille de l'après-midi après s'en être fait voler une à son premier toro. Ce garçon mérite de toréer!!

Javier Valverde (qui remplaçait Uceda Leal pour raisons de santé) hérita d'un premier toro déjà très suave lors de la réception de cape, puis encore adouci par trois rencontres avec le cheval. Face à une muleta présentée avec force et assurance, celui-ci exigea une sollicitation entre chaque passe à laquelle il répondit à chaque fois sans hésiter, humiliant correctement et permettant ainsi au salmantin de faire jouer la musique grâce à une tauromachie de trois-quart voire de face. Parvenant finalement  à trouver le rythme idéal, il reussit à donner à son labeur plus de liaison, avant de le tuer de deux pinchazos et une entière.

Son deuxième aux cornes sans fin dérriba le picador lors de la première rencontre et poussa bien lors de la deuxième. Dans la muleta il attaqua par intermitence, peinant à aller jusqu'au bout de la passe, avec quelques signes de violence. Valverde insista sans parvenir à réchauffer les gradins. Un pinchazo, une entière, un coup de descabello.

Julien Miletto reçut par véroniques pieds joints son imposant premier qui poussa fort lors de la première rencontre mais sur une seule corne. La deuxième fut plus furtive. Muleta en main il dut économiser cet adversaire noble mais limité de forces. Pour ce faire le torero prit soin de perdre plusieurs pas entre chaque passe de manière à le laisser s'oxygéner et ne pas l'étouffer. A gauche ce toro révéla beaucoup de qualités dans le leurre et Miletto en profita pour se relâcher sur quelques naturelles révélatrices de son envie et son style. Un pinchazo, une entière. Grosse pétition d'oreille non accordée! Vuelta.

Il hérita d'un second très mobile et rapide dans ses déplacements. Il poussa pas mal lors de trois rencontres. A la muleta il tint ses promesses et se révéla dangereux à droite, donnant sans arrêt de grands coups de tête et raccourcissant sa charge. Pour autant Miletto ne se laissa pas abattre, redoubla de patience et dût trouver un délicat équilibre à gauche: le déplacer légèrement vers l'éxtérieur pour éviter ses cornes mais pas trop pour ne pas raccourcir sa charge. A droite il gagna toujours du terrain et lui baissa beaucoup la main jusqu'à finir par prendre le dessus avec un courage exemplaire. Une entière, une oreille.

Eduardo Gallo: Son premier subit une vuelta de campana dont il ressortit en trainant la postérieur gauche. Fort heureusement ce problème s'atténua avec le temps et il ne fut pas nécessaire de le changer. Cependant il ne fut piqué qu'une fois et Gallo comprit immédiatement quelle fut la meilleure attitude à adopter. Il torea la muleta à mi-hauteur ce qui ne l'empêcha pas de mettre du sentiment dans chacun de ses gestes. A droite le toro eut tendance à se coucher sur le torero en fin de passe mais Eduardo transforma cette difficulté en avantage et en profita pour arrondir les passes pour un effet esthétique assuré. Une entière. Salut aux tiers.

Son second rémata toujours très haut aux burladeros puis "chassa les mouches" à la cape et alla taper à l'étrier au cheval... que de bons présages... Après quatre piques celui-ci sembla avoir gardé tout son allant mais Gallo ne sembla pas disposé à aller chercher les oreilles.

Marie Barcelo

2/3 arène - Temps froid et Mistral violent

6 Toros de Don Baltasar Iban Valdès charpentés et très bien présentés, braves sous le fer dans l'ensemble, les trois derniers développant plus de violence, les trois premiers plus maniables au troisième tiers.

Javier Valverde : Ovation / Ovation

Julien Miletto : Vuelta / Oreille

Eduardo Gallo : Ovation / Silence

 

Reportage photographique : El Tico photos

 

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