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Feria de la Crau (24 avril 2010) : Esaù Fernandez gracie un exceptionnel novillo d'Alain et Frédérique Tardieu

 

Jabanero

Photo : El Tico

Au moment du paseo, les organisateurs de "La Unica" ne pouvaient que regretter les trop nombreuses places vides dans les arènes Louis Thiers, eux qui organisent avec goût et caractère une Feria à nulle autre pareille.

Côté novillos, les trois ganaderos français en compétition avaient parfaitement joué le jeu, notamment au niveau de la "tête". Les Gallon démontrèrent comme à leur habitude de belles qualités de noblesse, gâchées par une certaine faiblesse pour le premier, et une blessure au sabot pour le second. Les Christophe Yonnet, sérieux et plutôt âpres, méritaient toutefois mieux que ce que l'on leur a proposé. Quant aux Alain Tardieu, invités de dernière minute, ils ont remporté le concours haut la main, le dernier exemplaire, n°37 baptisé "Jabanero", regagnant même les chiqueros vivant après avoir livré grande bataille.

En ce qui concerne les piétons, le choix s'était porté sur des novilleros jeunes, mais tous deux lauréats du célèbre Zapato d'Arnedo comme garantie de qualité.

Je laisserai bien volontiers l'aspect technique à Marie Barcelo, qui détaillera les prestations de l'un et de l'autre dans sa chronique. On ne peut demander à de si jeunes toreros de faire étalage d'énormes qualités techniques, alors qu'ils ne sont qu'au tout début d'un parcours qu'on leur souhaite le plus long possible. Mais aujourd'hui, Pablo Lechuga et Esaù Fernandez ont semblé manquer durant les cinq / sixièmes de la course de la seule chose qu'ils sont en devoir de montrer : L'envie.

Puis est sorti un grand toro, et alors qu'il ne s'était rien passé ou presque, Esaù Fernandez a retrouvé le goût de toréer. Et même s'il est resté en dessous de son adversaire, il est encore jeune, nous l'avons déjà dit, il nous a offert un grand final qui a lui seul fait que les absents ont eu bien tort...

Laurent Deloye "El Tico"

 

La Chronique de Marie Barcelo :

Pablo Lechuga mena son Gallon à deux reprises au cheval. La première en poussant bien le tête basse de manière régulière, la seconde de plus près et poussant moins longuement. Muleta en main le madrilène dut prendre soin de ce novillo doté d'un excellent fond de noblesse mais menaçant de tomber à terre à chaque passe. Malgré-ce il parvint à trouver le bon rythme et surtout la distance adéquate de manière à le ré-oxygéner et parvenir ainsi à communiquer une émotion au public, par quelques derechazos à mi-hauteur. A gauche il s'autorisa quelques naturelles plus relâchées que ce bon novillo toléra sans rechigner. Une mete y saca, une quart de lame et descabello.

Il dut se méfier de la corne gauche de son Christophe Yonnet, prompt et rapide, qui poussa bien au cheval à quatre reprises mais fut bien trop piqué. Muleta en main il continua dans cette optique en le diminuant encore par doblones sous la corne et un toque très à l'extérieur, à droite comme à gauche. Mais le public n'est pas dupe et réalisa les trop grandes précautions que prit ce jeune homme face à ce novillo certes pas évident puisque désordonné dans sa charge mais ne justifiant pas cette manière de l'aborder. Un quart de lame et descabello.

Son Alain Tardieu lui aussi révéla des qualités dans la muleta, chargeant avec une certaine caste, la gueule toujours fermée et ne refusant aucun toque. Mais malgré ces qualités il fallut soigner le replacement, à gauche surtout. Il ne s'y essaya d'ailleurs pratiquement pas. Deux pinchazos, une demie lame.

 

Esaù Fernandez réalisa une réception de cape dynamique et plutot bien menée face à son Gallon, celui doté de plus de force. Une première pique en poussant comme il se doit jusqu'à ce qu'on le sorte du cheval. Deuxième pique de plus loin. Malheureusement lors de la pose de la troisième paire de banderilles le novillo trébucha et se blessa au niveau du sabot. Ce bon exemplaire se vit trop souvent offrir l'opportunité de toucher la muleta, ce qui n'arrangea pas les choses. Pas plus que les demi-asses qui lui furent servies. Une demie lame et descabello.

Il réalisa une réception de cape par delentales, conduisant le Christophe Yonnet qui sembla mieux se déplacer que son confrère du même fer. Première pique en poussant convenablement, deuxième moins convainquante. A la muleta il révéla un toro dépourvu de mauvaises intentions et humiliant bien dans ce leurre présenté de manière assez technique mais servant toujours des passes raccourcies. D'ailleurs lorsque le novillero fit l'effort d'y ajouter quelques centimètres son adversaire suivit jusqu'au bout, ce qu'il fit plus aisément à droite mais sans émotion. Une entière basse.

Il se rattrapa dans son jeu de cape face à son Alain Tardieu, démontrant par ses véroniques ressenties son envie de couper enfin une oreille. Première pique en poussant sur une seule corne, deuxième de loin prenant le galop de suite mais sortant tout aussi rapidement. Esaù profita de la brave charge lointaine de ce novillo pour réaliser deux cambios la montera posée sur ses pieds. A droite il allongea les passes avec goût, faisant corps avec cet extraordinaire exemplaire, chargeant avec une classe et un galop relevant du rêve, le museau collé au sol, se retournant deux mètres après la fin de la passe puis rechargeant aussitot. Esaù comprit la nécéssité d'économiser un tel allié et le laissa reprendrez entre chaque série pour faire durer le plaisir. Au fil des séries il recula légèrement la jambe droite de manière à rendre sa passe plus longues et arrondie pour un effet esthétique garanti. Enregistrant les réclamations d'indulto il posa son ayuda et continua à le toréer à droite sans l'épée. La pétition s'amplifia et l'indulto fut concédé, sauvant l'après-midi. Deux oreilles et la queue symbolique.

Marie Barcelo

Demi-arène / Ciel voilé

Pablo Lechuga, Silence / Silence / Silence. 

Esaú Fernández, Silence / Silence / Deux oreilles et queue symboliques.

Reportage Photographique : El Tico photos

 

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