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Desierto...

 

Lleiro

Photo : El Tico

En préambule aux mails que je vais recevoir des suites de cet écho, je dois préciser que j'assume entièrement le ton optimiste et peu enclin à la polémique de "corridafrance.fr". Pour moi, passion rime avec enthousiasme. Et même si rien n'est parfait en ce bas monde et croyez-moi, je suis bien placé pour le savoir, j'aime à penser que, toutes considérations financières ou politiques mises à part, le maximum est en général fait pour que tout se passe bien.

Ayant enfin pris le temps de leur consultation, je vais donc passer en revue quelques réflexions vues sur le net, sites, blogs, pages "d'aficionados"..., suite à une Feria de Pâques que nous aurions tous souhaitée plus brillante, mais dont certains ont déjà tiré péremptoirement les enseignements.

Commençons par la corrida concours... Ainsi donc et "fort justement, aucun prix n'a été attribué..." Là, je dois dire qu'après un après-midi assez terne, le fait qu'il n'y ait aucune remise de prix en piste ne pouvait que m'arranger. Plus vite dans le coche, plus vite devant l'ordinateur pour trier les clichés et rédiger un semblant de chronique. Soit... Mais enfin, était-ce à une "corrida-examen" que nous avions assisté ? Y avait-il besoin d'une note minimale pour qu'un toro soit primé ? Des mots de Robert Chay lors de la présentation de la course, je n'ai retenu qu'une condition pour qu'un toro reste en lice, c'est qu'il prenne un minimum de deux piques. Dans un concours, il doit y avoir un vainqueur. Et donc, si l'on ne pouvait récompenser le meilleur des six toros, il fallait primer le moins mauvais...

Mais bon, on peut comprendre la déception du jury autant que celle des spectateurs, surtout après la réussite de la concours de la Feria du Riz 2009. Les toros ont été mauvais, "c'est la faute à Jalabert...". L'an dernier, il pleuvait et déjà, c'était la faute à Jalabert.

Mais ce n'est pas parce que les toros sont mauvais que les hommes ne font pas bien leur travail... Pourquoi proposer une prime substantielle au meilleur picador si c'est pour ne pas l'attribuer ? Ce bon Lleiro, aux ordres toute l'année de son matador Luis Bolivar, a aguanté la charge du "Samuel Flores" à trois reprises, démontrant pundonor et grandes qualités de cavalier. S'il avait su que de toutes façons, on ne lui donnerait pas le prix à cause du toro, il aurait certainement pris moins de risques et le Samuel ne serait pas revenu deux fois...

Passons à la Miurada, enfin une Miurada digne de sa légende... "Rafaelillo n'a pas voulu voir le second..." Mais qu'y avait il à voir ? Certes, l'abnégation fait partie des qualités de l'homme en général, et du torero en particulier, qui concourent à ce que la tauromachie perdure par delà sa légende, encore et toujours. Mais autant un bon toro mérite d'être tué dans les règles, autant je ne suis pas prêt à voir un de mes congénères se faire arracher la tête par un mauvais. Et ce Miura là, la tête de Rafaelillo, il la cherchait.

Mehdi Savalli, lui, a servi "une faena lointaine au dernier". Peut-être, effectivement que l'arlésien a, sans réellement "perdre les papiers", été un peu en retrait face à son deuxième adversaire après avoir vu une oreille lui passer sous le nez lors de son combat précédent. Mais pour être complet et objectif quand même, si l'on écrit que sa faena a été "lointaine", il ne faut pas oublier de signaler que Mehdi a attendu ce toro à la muleta les deux genoux en terre, au centre de la piste... Un Miura quand même. Allez dire après ça qu'il a fait preuve d'une trop grande prudence...

Et enfin, le fameux "final triomphaliste" : Juan Bautista et Matias Tejela a hombros ! "Il n'aurait du se couper aucune oreille !" Matias Tejela a touché le toro de la course, avec beaucoup de transmission. Et les deux oreilles coupées suite à une pétition majoritaire d'un public enfin récompensé de sa patience au terme d'une corrida du Puerto décevante, ne me semblent pas scandaleuses. Juan Bautista a du, lui, ranger les oreilles sous la taleguilla à cause des protestations d'une partie de l'assistance. Il avait pourtant bien exploité les qualités d'embestida du cinquième, plutôt bon, qu'il avait bien tué. "Mais deux oreilles, c'était décidément trop...". Pourtant, lors de son premier combat, la Présidence n'avait pas accédé à une première pétition alors qu'il avait pégué un arimon face à un toro hésitant, qui n'humiliait pas, mais le regardait constamment. Il l'avait mal tué. Est-ce que ces gens qui ont protesté les trophées de l'Arlésien, au nombre desquels doivent se trouver nombre de sachants de la chose taurine qui déversent leur bile sur le net et même sur quelques supports papiers, l'ont vu ? Ou sont-ce les ignares, bon public, profitant avec délectation de leur plaisir au lieu de s'asseoir dessus qui eux, en demandant avec force la deuxième oreille, ont voulu le récompenser de son effort et faire en sorte que cette feria s'achève finalement sur une note ... d'optismisme.

Avec Aficion ?

Laurent Deloye "El Tico"

 

 

 

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