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"Un français peut-il être..." par Jacques Lanfranchi

 

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Un français peut-il être torero ? (1) : cette question fut posée publiquement lors de la réception de Bernard Dombs « Simon Casas » et d’Alain Montcouquiol « Nimeño I » au Club Taurin de Paris par une dame aficionada.

En effet, le 3 décembre 1968, le club vétéran de la capitale était le siège de la remise du prix des praticiens d’un métier dit « Fondation de la vocation » pour un montant de un million de francs de l’époque, le Smig étant à 500 francs soit l’équivalent de nos jours de 25000 euros.

L’un des deux rétorqua en souriant que l’équipe espagnole venait de gagner le championnat d’Europe de pétanque, on aurait pu ajouter qu’un hollandais (A Geesing) était champion olympique de judo toutes catégories.

L’année d’après naquit l’un des rares clubs taurins supporter de toreros français (à l’époque) à Nîmes : « Los de Alain et Simon ».

En 1971, le célèbre binôme créa l’association des toreros français (ancêtre du syndicat) qui œuvrera beaucoup pour la reconnaissance des droits sociaux des toreros dans l’hexagone.

Après une carrière honorable avec notamment une oreille coupée pour sa présentation à Madrid en novillada piquée (15 juillet 1967) Simon Casas, prendra son alternative à Nîmes, cela sera le point d’orgue de sa carrière de torero puisqu’il y renoncera le lendemain.

Alain Montcouquiol suivra une autre voie dans la profession.

Un français peut-il être apoderado ? : Simon Casas a été l’apoderado entre autres de Patrick Varin, Emilio Muñoz, Jesulin de Ubrique, Rafael de Paula, Curro Vasquez, Cristina Sanchez et aujourd’hui notamment de Thomas Dufau.

Un français peut -il être empresa ? Simon Casas l’a été seul ou en association, des arènes de Castellon, Valencia, Saragosse, Sanlucar, le Puerto de Santa Maria, en France Palavas, Tyrosse, Aire sur Adour, Mont de Marsan et bien sûr Nîmes où l’on confirme toutes les alternatives en France.

Les deux listes ne sont pas exhaustives.

A ce stade du texte une petite digression sur un mal français chronique : le Poulidorisme.

Pour nos jeunes lecteurs Raymond Poulidor né en 1936 dans la Creuse fut champion cycliste, mais il était un éternel second derrière Jacques Anquetil et Eddy Merckx. Personnage sympathique, il est passé à la postérité sous l’appellation « Poupou », gentil, qui sourit devant la malchance et l’adversité, digne dans la défaite, l’important c’est de participer, le terme est resté dans le langage populaire, c’est un Poulidor, un second :

C’est l’apologie du second et la haine du premier.

Ce syndrome s’accompagne d’un autre symptôme : « il faut confirmer » c’est à dire une forme d’auto flagellation que l’on pratiquera chaque fois que l’on gravit une marche vers le succès en prévision d’un échec à la prochaine, généralement prodigué par ceux qui n’ont jamais rien fait.

Jalousie et suffisance.

Mr Casas vient d’obtenir la codirection des arènes les plus célèbres du monde : Las Ventas à Madrid.

Je laisse le mot de la fin à Simon. (2)

«  La langue de ma mère était la langue sépharade, l’espagnol du Moyen âge, c’est cette langue que j’ai surtout entendu durant mon enfance, cette langue m’a indiqué d’où je venais, m’a fait partir à la recherche de mes origines, le plus beau scénario pour reconquérir l’Espagne serait de triompher dans les arènes de Séville, de Tolède »

Ou de devenir l’un des Boss des arènes madrilènes !

Enhorabuena Mr. Bernard Dombs, « Simon Casas ».

Jacques LANFRANCHI

14 janvier 2012

(1) Sous le Signe du Taureau, recueil d’articles de Jean Lacouture dans le Monde Editions Julliard 1979

(2) Tous Toreros, Simon Casas et Pierre Carpentier Editions Denoël 1980

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Photo Roland Cros

 

 

 

 

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