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logo Arles (07/04/2012 - tarde) : Le triomphe de Ruiz Miguel

 

arles

Photo : ElTico

Qui aurait pensé revoir un jour Ruiz Miguel sortir en triomphe des arènes d'Arles ? Peut-être même pas lui. Et mise de côté l'oreille de la nostalgie, il faut avouer que ce diable d'homme malgré ses 63 printemps, s'est hissé à la hauteur de l'évènement. Le plus malheureux à la sortie se trouve être El Fundi, autour duquel cette tarde avait été imaginée, mais qui n'a guère eu l'occasion aujourd'hui de briller face à ses deux adversaires. Mais nous avons tant d'autres belles images à garder de lui dans ces arènes d'Arles...

Les toros du Conde de Mayalde n'étaient pas venus pour faire de la figuration. La corrida est sortie sérieuse, armée comme en 40 et avec la ferme intention d'en découdre. Le plus mal loti aura été assurément Victor Mendes qui s'est offert deux arimons de catégorie en cette après-midi Arlésienne. Le sobrero de Palla était lui particulièrement bon, quoiqu'un peu faiblard. Et Ruiz Miguel ne s'est pas fait prier pour en tirer toute sa substantifique moelle, usant de gestes d'une autre époque, tout en domination mais sans ostentation.

Et tant pis pour ceux qui avaient pensé que cette corrida ne servirait à rien... En deux tardes de cette feria d'Arles, nous avons déjà eu deux définitions de l'Aficion...

Laurent Deloye ElTico

La chronique de Marie Barcelo :

Ceux qui s'attendaient à assiter lors de cette corrida des anciens à un pseudo festival amical, avec des toros commodes adaptés aux années de nos hommes en lumière, avaient tout faux. Car c'est bien un lot de toros-toros du Conde de Mayalde débordant de caste, de puissance et exigeant qu'affrontèrent nos vaillants messieurs, certes habitués à ce genre de toros mais hors cicuit depuis quelques années déjà! En effet vingt trois ans séparait Ruiz Miguel de sa tournée d'adieux et c'est pourtant lui qui triompha, aidé par le meilleur lot, sa sympathie communicative et surtout sa science intacte. Victor Mendez lui aussi était retiré depuis quelques années déjà mais à l'inverse de son companero hérita du lot le moins évident. El Fundi qui entame donc sa tournée d'adieux fit un départ en demie-teinte dans ces arènes qui l'ont tant aimé et contribué à la reussite de sa carrière.

Ruiz Miguel fut à deux doigts de se laisser déborder par son premier adversaire violent et qui se retournait court. Malgré ce il ne le présenta que deux fois au cheval, ce qui s'avéra par la suite être un choix judicieux. A la muleta il ne se laissa plus surprendre, parvenant même à tenir le rythme de cet infatigable toro tout de même généreux dans ses charges, lui imposant même quelques trincheras du plus bel effet. Sincère et réellement investi, il prit des risques, notamment à gauche, la corne la moins évidente. Il tua ensuite d'une entière à l'effet foudroyant et coupa donc une belle oreille qu'il voulut garder absolument.

Son second se révéla boiteux et fut donc changé par un sobrero d'Antonio Palla. Et c'est ce toro qui ne payait pas de mine qui apporta le plus de satisfaction aux aficionados. Doté d'un moteur extraordinaire, le genre de rencontre qui aurait pu en impressionner plus d'un. Ce ne fut évidemment pas le cas de Ruiz Miguel qui sembla paradoxalement se régaler, offrant d'ailleurs deux medias veronicas et une revolera le sourire au lèvre. Ce bon toro prit ensuite deux grosses piques au grand galop et en poussant correctement, plus une troisième accidentelle. Après avoir brindé à El Fundi il s'essaya à droite sans avancer le leurre ce qui ne donnait que des demies-passes. Mais c'est à gauche qu'il sembla se sentir le plus à l'aise, profitant de l'excellente collaboration de ce Palla. C'est d'ailleurs sur cette corne, alors que le public exigeait la musique en frappant des mains que la magie opéra: trois naturelles intemporelles, dans une posture proche de celle d'un vacancier sur les plages de Càdiz. Un pinchazo pardonné, une entière et une oreille.

Victor Mendes fut élégant et majestueux à la cape avant de mener ce toro au cheval à l'aide de ses fameuses chicuelinas marchées, une suerte en voie d'instinction mais toujours autant appréciée d'un public nostalgique. Mais l'enthousiasme retomba vite lorsque nous fument forcés de constater que le toro s'était déjà éteint. Après avoir brindé à son companero, il débuta une analyse très poussée de ce toro complexe. Semblant utiliser son regard comme un véritable scanner, et après avoir attendu un temps, il s'engagea à droite pour des séries abondantes en passes et dans un rythme enjoué. Fidèle à son style classique il prouva que les recettes faites de redondos et adornos en tous genres ne mènent pas forcément au délice. Seules quelques trincheras bien dosées suffirent à dominer ce toro et le préparer à l'estocade. Une demie-lame et descabello. Une oreille.

Son second semblait le tester, hésitant sans cesse entre l'homme et la muleta lors de ses déplacements au pas inquiétants. Mendes dut donc s'imposer dans le style qui est le sien: en citant très fort et avec un pas franc vers l'avant. Et c'est grâce à cette ruse qu'il put s'en sortir indemne. Un coup de descabello.

El Fundi: son premier toro fut mal piqué à trois reprises puis manqua de transmission dans la muleta du torero qui redoublait d'efforts. A droite et encore plus à gauche il dut y mettre toute sa conviction la muleta sous le museau pour lui arracher quelques passes tel un acharné. Une entière et salut.

C'est par doblones qu'il reçut son second à la muleta, le menant rapidement jusqu'au centre avant de le laisser exactement là où il l'avait décidé avec un mando efficace. A gauche il l'aborda à mi hauteur puis ne cessa de changer de main, donnant l'impression de ne pas trop savoir sur quel pied danser.  Il échoua ensuite aux aciers ce qui ne fit qu'amplifier le goût amer laisser par cette dernière faena dans les arènes d'Arles. Mais "no pasa nada" car les aficionados français gardent le souvenir de ce héros combattant qui les a tant fait frissonner, avec tout le respect qui en découle. Merci maestro!!  

Marie Barcelo

Arles - 7 avril 2012 - tarde

2/3 d'arène - Soleil radieux après l'ondée.

6 toros du Conde de Mayalde, sérieux, constituant un lot homogène et donnant du jeu. Un sobrero de Antonio Palla, sorti en quatrième position en substitution du titulaire blessé, plus discret de présence mais très bon malgré un poil de faiblesse. Poids des toros : 520 ; 540 ; 560 ; 570 (sobrero 500 kgs) ; 550 et 530 kgs. 13 rencontres avec les groupes équestres armés par la Cavalerie Bonijol.

Ruiz Miguel : Oreille / Oreille

Victor Mendes : Oreille / Ovation

El Fundi : Ovation / Salut après avis

Reportage photographique : ElTico photos

 

 


 

 

 

 

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