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Ganaderia Gallon : Des raisons de garder l'illusion...

 

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Photos : El Tico

C'est ce jeudi 10 mars, à La Chassagne, que nous avons rencontré Jean-Pierre et Michel GALLON, venus assister à l'entraînement de Juan Bautista qui combattait a puerta cerrada deux toros issus de leur sélection. L'occasion pour nous de faire le point à l'orée de la nouvelle temporada.

CorridaFrance : Michel et Jean-Pierre bonjour ! Ce n'est pas la première fois que nous nous retrouvons en pareille occasion. Jean-Baptiste semble apprécier particulièrement vos produits, non ?

Michel Gallon : Je pense et si c'est le cas, le plaisir est partagé. C’est un grand honneur qu’une telle figura del toreo tue nos toros. En plus, nos familles sont liées depuis très longtemps. Loulou Jalabert et mon père partageaient la même passion pour la chasse, en plus des toros. Et au moment du décès de mon père, il y a près de cinq ans, Loulou venait le voir presque tous les jours alors qu’il était au plus mal.

Et puis c’est réconfortant, dans une période où vendre des toros est difficile, de savoir que des gens te font malgré tout toujours confiance. Il y a quelques années, après la corrida de Mauguio durant laquelle les toros avaient eu des problèmes de sabot, j’ai eu Luc Jalabert au téléphone alors que j’étais sur le chemin du retour. J’étais démoralisé et je lui ai dit qu’il valait peut-être mieux ne pas nous programmer à la corrida Goyesque des Saintes Maries de la Mer, deux mois après. Il m’a dit : Mais tu plaisantes. J’ai eu un problème de ce genre il y a quelques années. Ça vient de l’alimentation et ça se passera bien aux Saintes. Et effectivement, nous sommes sortis aux Saintes et ça c’est plutôt bien passé.

CorridaFrance : Faisons un petit retour sur 2010. Quels sont les faits marquants de votre temporada ?

Michel Gallon : Nous avons eu une saison plutôt courte l’an passé. Nous avons débuté très tôt et fini très tard, mais il n’y a pas eu grand-chose entre les deux. On a très bien entamé la temporada à Arzacq avec le toro de Francisco Marco, que je regrette de ne pas avoir gardé, et le toro de vuelta de Julien Lescarret . Nous avons été présents à Nîmes lors des deux novilladas sans picador dans le cadre du Master des Ecoles Taurines, en qualification et pour une des demi-finales ; puis pour le Trophée Nimeño à Bellegarde (30). Mais nous n’avons lidié aucune novillada piquée, ni aucune corrida de toros. Notre seul toro a été celui de la concours d’Arles. Mais lui aussi nous a beaucoup déçu. Nous avons malgré tout gardé l’illusion, car il en faut dans ce métier et finalement, nous avons terminé la saison sur une excellente note avec l’indulto de Jabalino par Jérémy Banti, qui l’a magnifiquement mis en valeur. Nous avions déjà eu des toros qui étaient revenus vivants à la maison, mais c’était en Fiesta Campera ou en privé. Là, c’était la première fois que nous voyions le mouchoir orange. Je dois t’avouer que ça fait tout drôle…

CorridaFrance : Justement, parlons un peu de la ganaderia. Où en êtes-vous de votre sélection ?

Michel Gallon : Jabalino sera mis sur un lot de vaches au mois de Mai prochain. Ce sera notre troisième semental maison, tous d’origine Hermanos Sampedro. Actuellement, nous avons 200 vaches de ventre, mais nous allons descendre à 130 mères car nous avons subi à nouveau des inondations, le pays s’est fortement dégradé et le marché est tel que nous ne pouvons garder autant de reproductrices.

Dans l’ensemble, nous sommes satisfaits de nos produits. Nous avons beaucoup de noblesse, il nous manque un peu de force et de transmission. C'est à ce niveau que nous plaçons beaucoup d'espoir en Jabalino. J'espère qu'il nous apportera ce moteur qui nous manque un peu, car à Béziers, il avait beaucoup de transmission et il est vraiment dans le type du toro que nous cherchons : Bas, avec du cou et très correctement armé.

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Car quoi qu’on en dise, le toro est pour beaucoup dans les qualités de sa descendance. Avec l’expérience, je peux dire qu’il est à 60% responsable, bien qu’il lui faille aussi des vaches qui fonctionnent. C’est simple, dès qu’un de nos exemplaire a un peu de transmission, ça devient un très bon toro, comme en 2010 les deux d’Arzacq ; Jabalino à Béziers et un toro que Mehdi Savalli a combattu chez Jacques Mailhan en privé. C’est pour ça que nous fondons beaucoup d’espoir sur Jabalino, même s’il faudra ensuite attendre quelques années pour savoir si nous avons eu raison.

Il nous faudrait aussi gagner en tamaño pour pouvoir lidier dans de grandes arènes. Mais par le passé, lorsque nous avons voulu faire nos produits trop beaux, comme à Lunel, tu t’en rappelles, ils n’avançaient plus. Le Sampedro n’est pas fait pour porter beaucoup de poids et peut-être que nous devrions nous contenter d’arènes de 2ème ou 3ème catégorie. Enfin, l’essentiel c’est de les voir sortir et de les voir sortir bons. Où, peu importe…

De toutes façons, ce qui est certain, c’est que nous avons encore beaucoup de travail, mais que c’est un travail passionnant.

CorridaFrance : Et pour 2011 ?

Michel Gallon : Tout n’est pas encore formalisé mais on a de quoi faire. Il nous reste 11 toros de cinq ans et 40 de quatre ans. On peut facilement faire deux très belles corridas de toros. Il y en a une qui est signée pour Eauze (32), le 3 juillet dans le cadre de Toros de France et une autre qui est en pourparlers. Sinon, pour ce qui est sûr, nous sommes répétés à Béziers (34) le 20 mars pour la Fiesta Campera ; le 7 mai à Palavas (34) en sans picador ; le 2 juillet, nous lidierons un novillo sans picador pour le concours de Castelnau Rivière Basse (65) ; le 14 juillet une novillada sin picar à Plaisance (32) et le 15 août quatre novillos en sans picador à Roquefort (40). Si quelques uns de nos produits nous donnent autant d'émotion que les trois ou quatre que je t'ai cités pour 2010, cela nous permettra de continuer à travailler avec encore beaucoup d'espoir et d'illusion.

 

Propos recueillis par Laurent Deloye "El Tico"

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