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"L'Âme Corse ",

par Jacques Lanfranchi

 

 

cores

L’Âme Corse naît à Barcaggio ultime village cap corsin, elle se forge dans le combat entre les dernières roches en serpentine du rivage et les deux vents dominants Mistral et Libeccio.
L’âme corse se renforce sur la dorsale montagneuse du Niolo, de la Castagniccia où elle apprend la patience.
Jusqu’à Corte l’austère où elle découvre la culture et l’esprit libertaire de Pascal Paoli : u babbu, le Père.
L’âme corse devient ascète devant le magnifique et inquiétant désert des Agriates.
L’âme corse découvre la fidélité dans la citadelle de Calvi et l’amour de la Beauté dans Cargèse la grecque.
L’âme corse oscille entre les deux cultures génoise et française comme Bastia porte de l’Italie.
L’âme corse adopte l’esprit de conquête phénicien à Aléria mais aussi celui de l’ordre romain qui suivit.

L’âme corse devient impériale à Ajaccio ajoutant la tragédie liée au nom de ses îles : Sanguinaires.
L’âme corse peut être transparente comme les eaux du Taravo , douce comme l’idyllique plage de la Palombaggia ou agressive comme les aiguilles de Bavella .
L’âme corse , c’est aussi l’abnégation du pénitent enchaîné (Cattenaccio) du vendredi saint à Sartène, la méfiante devant toutes les invasions qu’elle a subi.
La violence de l’âme corse, c’est celle aussi de ses envahisseurs, ostrogoths, vandales, barbaresques qui déferlèrent et que guettent éternellement les tours du rivage.

L’âme corse acquiert la bravoure à Bonifacio où du haut de ses falaises, elle lutte contre « I voceri »* du Sirocco et du Simoun, les vents du Sahara.

Cette bravoure que l’on trouve dans les « stantara » (statues menhirs armées) de Filitosa, de Tizzano dont la rigidité granitique rappelle le poids du costume de lumières au moment du paseo, le leur dure depuis dix mille ans.

Ce paseo qu’effectua le premier torero d’alternative d’origine insulaire Bernard Carbuccia (Béziers 14 août 1990) dont l’apodo « Marsella » rend honneur à sa ville de naissance , mais aussi à la grande capitale corse du continent.

Le jour de ta première épée à Gimeaux chez l’ami Françis Espejo, Thomas, nous avons parlé avec ton grand oncle Ange Boschini d’un apodo pour toi et nous avions évoqué « el kallista », Kalliste étant le nom grec de la Corse.

corse

testa mora

Une consonance andalouse, voire sarrasine comme la « Testa Mora » symbole de liberté et de victoire depuis six siècles dans l’île.

Elle orne le drapeau que nous avons fait flotter à Madrid (Las Ventas), le jour où tu coupas cette oreille avec ton sang.

L’âme corse, c’est aussi l’esprit des anciens, les mannes, la famille qui t’accompagneront ce fameux vendredi.

Je sais que pendant une nano seconde avant que tu démarres ce paseo, tout s’arrêtera là-bas dans l’île pour t’insuffler l’énergie de l’Ame Corse.
Pace e Salute et suerte Thomas Joubert Bozzi

* I voceri : chant funèbre corse interprété par les femmes.

Jacques Lanfranchi

 

 

 

 

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