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Féria du Rhôny à Vergèze

Dimanche 29 Mars 2009

6 toros de Pagès / Mailhan 6

pour

Sanchez Vara

Jonathan Veyrunes

Paco Ureña

 

C'est dans une arène pleine aux trois quart sous un temps nuageux que les ganaderos associés Philippe Pagès et Pascal Mailhan lidièrent leur toute première corrida, forte et imposante, mais possédant un vrai fond de noblesse. Paco Ureña fut la véritable révélation de l'après-midi, faisant étalage d'un courage froid à toute épreuve.

Sanchez Vara : Son premier exemplaire se déplaça bien dans la cape de cet expert en technique qui lui exposa le leurre de manière à ne permettre aucun doute. Il le plaça à une distance importante dès la première pique. Le toro chargea au ralenti, ce qui ne l'empêcha pas de mettre le cheval à terre. Sanchez Vara servit un intelligent quite par navarras avant de finalement changer le tercio. Aux banderilles (tricolores) le maestro dut énormément le solliciter pour provoquer une arrancade. Le même probleme se posa d'ailleurs à la muleta, et notre torero dut rapidement le sortir des tablas. Au centre, la muleta planchada et en avant, il le toqua très fort et dévoila chez ce toro une noblesse certaine, sans vices ni protestations. A force d'obstination et d'alegria, il parvint à extraire le peut de transmission de ce toro pour lier deux, trois séries droitières provoquant la musique. A gauche le toro alla au bout de chaque muletazo avec douceur et Vara sut tirer parti de cette qualité en allongeant le bras dans d'interminables naturelles isolées. Il le tua d'une formidable entière qui lui permit de couper une oreille.

Jonathan Veyrunes fut décidé et efficace à la cape, menant rapidement son toro au cantre par le bas, antidote efficace à une fougue inquiétante dès la sortie du toril. C'est sous le fer d'Olivier Riboulet que fut piqué cet imposant toro, d'une distance raisonnable d'abord, poussant bien à mi-hauteur, puis la tête bien en bas lors de la seconde. Paco Ureña intervint au quite par delentales à la statique délicate. A la muleta le français débuta par doblones avant de servir une série droitière prometteuse. Le toro, bien que répondant promptement au toque, révéla quelques réserves sur la fin de la passe, auxquelles Jonathan répondit par un placement calculé. Mais c'est à gauche qu'il servit les meilleurs détails sur quelques naturelles templées et coulées, cherchant la profondeur à,chaque occasion donnée. Un pinchazo puis une entière.

Paco Ureña fut superbe à la cape, toréant par véroniques profondes et liées. Son toro fut mal placé pour la pique, envoyant ainsi le picador au centre de la piste. La seconde ne fut pas plus brillante. Il brinda son toro au public puis débuta avec conviction et élégance, gêné par le vent et une embestida déjà écourtée. A gauche il s'attacha à ne jamais se faire engancher. A droite, prenant le temps, il construisit peut à peut des bases solides, un placement parfait permettant d'élever un semblant de faena inespéré, et bien décidé à se jouer la vie, toujours plus près, plus croisé et de face. Une entière foudroyante et une oreille méritée.

Sanchez Vara canalisa la fougue de son second adversaire par une série de véroniques cadencées et fermement liées avant de le placer à une distance raisonnable du cheval. Le toro poussa un instant mettant les reins avant d'être replacé à une distance bien plus importante. Il répondit avec une certaine bravoure dans le péto. Nottons que Vara fut le seul à s'appliquer à placer correctement chacun de ses adversaires, sachant surement qu'à Vergèze, on aime ça. Après deux passes de cape de son banderillero pour lui permirent de jauger la force de son toro, il prit les palos pour aller les placer entre les pitons, sincèrement. Avant d'entamer sa faena de muleta il brinda son toro aux ganaderos puis s'appliqua à bien baisser la main par doblones. A droite cet adversaire s'avéra compliqué, obligeant le torero à changer de main, tirant quelques aidées de fortune, tatonnant, cherchant une rythme, il parvint finalement à inventer une série, obstinément. Un pinchazo, une demie lame et un coup de descabello.

Jonathan Veyrunes toucha un exemplaire impressionnant, et le reçut sans se démonter par véroniques assurées avant de le mettre au cheval monté par Jacques Monnier qui le piqua fort bien à deux reprises, même s'il ne poussa pas tellement sous le fer. Muleta en main notre français se posa fermement à droite puis espera à gauche les arrancades de ce toro obéissant mais sans transmission. Une demie-lame et descabello. Salut.

Paco Ureña reçut l'impressionnant sixième en luttant contre le vent à la cape avant de le placer à deux reprises au cheval, les deux dans l'élan, bien pesées, qui se ressentirent dans le comportement de toro adouci dans la cape sur deux véroniques surnaturelles dans l'indifférence totale du public. Muleta en main il s'intrégua totalement, bien décidé à réchauffer ce public endormi, servant quelques derechazos profonds et allongés, restant dans un sitio dangereux, sans broncher. Il faut dire que cet exemplaire démontra une vraie noblesse à droite, chargeant à la moindre sollicitation. A gauche les choses furent plus compliquées mais il se croisa avec sincérité puis se fit surprendre et accrocher violement. Sans même se regarder il repartit au combat de manière héroïque, osant même quelques manoletinas enchainées avec panache avant de le tuer d'une entière, une oreille.

 

Marie Barcelo

Reportage photographique : "El Tico" photos

 

 

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