bandeau haut
coups de coeur
 
 
 
contact
 
mailing list

 

observatoire

 

LOGO

De Mathieu à Mateo ...

 

mateo julian

Photo : "El Tico"

Mais que doivent les parents à leurs enfants ? Qu'est-ce que le père et la mère du petit Mathieu Picart auraient pensé, il y a cinq ans et alors qu'il allait fêter ses treize printemps à Oyonnax, dans son Ain natal, si on leur avait dit qu'une demi-décennie plus tard ils vivraient aux portes d'Arles ? Eux qui n'étaient pas aficionados, qui n'imaginaient même pas l'existence de ce monde si particulier, vivent maintenant au rythme des passions de leur « Mateo Julian » de fils. Ils écument ainsi les non piquées du Sud de la France et, bientôt, verront leur rejeton faire sa présentation dans la Monumental de Barcelona.

Et pourtant, le jeune Mathieu n'avait qu'un rêve : Celui de toucher une muleta. Que ce serait-il passé si au lieu de le favoriser, son père l'avait plutôt convaincu de rejoindre ses amis du club de football ou de vivre en supporter les exploits des rugbymens de Pro D2 locaux ? On ne le saura jamais, car au lieu de ça, les époux Picart ont décidé de l'accompagner tous les samedi jusqu'à Nîmes pour que le petit puisse laisser naître sa passion, celle qui allait désormais conditionner leur vie.

En effet et très rapidement, le jeune garçon démontre de réelles aptitudes au sein du Centre de Tauromachie de Nîmes présidé par Brigitte Dubois. Il gravit quatre à quatre les différents échelons qui l'amènent, fin 2008, à remporter la finale de « Graines de Toreros » et qui en font désormais un des grands espoirs de la tauromachie française.

Le jeune homme écoute les conseils d'un de ses professeurs, notamment le Matador de Toros Gilles Raoux, participe à de nombreux tentaderos. « C'est une chance d'être là ! » me confiait-il dimanche dernier alors qu'il venait de toréer de second trois vaches de « Tierra d'Oc » chez l'ami Damien Donzala. Et derrière qui ? « Juan Bautista » s'il vous plaît... Une chance, oui, mais qui se mérite. Car si les liens d'amitié qui unissent Gilles Raoux au Maestro Arlésien sont connus de tous, et favorisent ces opportunités, il n'est ni commode ni franchement relaxant de passer derrière une des meilleures mains gauches du moment, et face à un public toujours plus choisi. On ne tiente pas forcément de façon plus détendue quand les directeurs des arènes d'Arles ; Nîmes ou Mont-de-Marsan sont dans l'auditoire... La pression n'est pas la même.

Mais Mathieu s'accroche. Il ne quitte pas des yeux le modèle et, quand son tour est venu, reproduit, au mieux les enseignements tirés de ses observations. Et tant pis si la vache s'est un peu décomposée après cinquante muletazos donnés par le maître. Il insiste et ça passe... Parce que ça doit passer, parce qu'il l'a décidé, parce que c'est le prix de sa passion, celle qu'il doit à ses parents.

« Mateo Julian » fera le paseo dans les arènes de Barcelona le 7 juin prochain sur les coups de 18 heures. Il alternera à cette occasion avec Francisco Hidalgo et Jonathan Dublin de Barcelona ; Ángel Puerta de Guadalajara ; Miguel Cuartero de la "Fundación El Juli" ; Álvaro Gil de Sevilla et Paco Velázquez du Portugal, devant du bétail de Manolo Vazquez. L'évènement est quasi historique : C'est la première fois qu'un français se présentera ainsi dans ces arènes mythiques, et il nous vient d'Oyonnax, dans l'Ain. Tout ça pour avoir rêvé, un jour, de toucher une muleta....

Laurent Deloye "El Tico"

Reportage photographique : photos

 

RETOUR

 

occterra