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jacques lanfranchi
INCOGNITO

CAPEA

Juillet 1996, Louis Tardieu l’éleveur de toros bien connu avait organisé «  un grand spectacle taurin équestre à Fontvieille ».

En première partie, une capea avec : « les classiques jeunes espoirs de la tauromachie »  et une partie équestre où se côtoieraient avec bon goût, voltige, dressage et doma vaquera.

Capitale de Daudet oblige : capea sans mise à mort.

Fontvieillois d’adoption, aficionado de cœur depuis toujours, la lumière m’attira, je fus happé par le président du club taurin de l’époque Charles Aubert et un copain Jean Paul Sourdon : « Monte avec nous pour présider, tu as l’habitude des courses espagnoles » 

Exit la soirée cool avec mon épouse Evelyne.

Le premier becerriste en piste fut Pierre Cantarutti, alors transfuge de l’ETA (école taurine d’Arles, rien à voir avec l’organisation basque) qui attaqua son toro par un des classiques de cette formation arlésienne « le porta gayola ».

Applaudi par les connaisseurs et les touristes qui, pour une fois n’étaient pas départagés par les gradins sol y sombra puisque le spectacle se déroulait en nocturne.

Très volontaire, Pierre avait une silhouette d’adolescent bréviligne et un visage d’ange joufflu et beaucoup d’aguante. Dans la contre piste, il était conseillé par le matador de toros Lucien Tien Orleswky « Chinito ».

cantarutti
caro

Le second était Rafael Caro fils de Curro Caro dont la gestuelle taurine innée est l’apanage des gens de naissance Calé, qui plus est Rafael est gaucher, atout notoire pour les naturelles. Seul son apodo « garabato » (griffonnage), restera toujours pour moi un choix mystérieux.

J’eus droit à un savon du Papa, m’indiquant que le toro avait un défaut de vue, la qualité de l’éclairage de la placita à l’époque, était à celui du stade vélodrome ce que l’homéopathie est aux antibiotiques de troisième génération.

Le troisième becerriste était cornaqué par Alain Montcouquiol. Silhouette longiligne, coupe de cheveux Paul Mac Carney époque Eleanor Rigby et une manière de toréer comme Christian, c’était un élève de l’école taurine de Béziers, Sébastien Castellas (avec un s à l’époque).

Dés le troisième lance de capote le public, ses compagnons de cartel, et votre serviteur, président d’un soir avaient compris qui serait le vainqueur. Ce soir là, Sébastien ramena à Claude Naquer (un de ses professeurs de l’école taurine) l’un de ses premiers trophées.

castella
cartel

Dans son opus 21 de Terres taurines, l’ami Viard énonça sur le biterrois :

« Pourrais-tu enfin laisser émerger le Castella que j’ai vu à Fontvieille quand tu avais 12 ans ? ».

En fait, il avait 14 ans comme Pierre et Rafael.

Cantarutti est installé comme kinésithérapeute à Fontvieille,

Caro comme artisan à Arles.

Sébastien est.

Illustration parfaite du proverbe africain bantou : «  je suis parce que nous sommes ».


Jacques Lanfranchi

Avril 2009

Ps : remerciements à André Viard qui m’a rafraichi la mémoire

 

 

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