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jacques lanfranchi
DESBANA*

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Il y a quelques semaines dans ce même lieu, je décrivais la pathologie des cornes et notamment les traumatismes liés aux transports, débarquement et contention des toros de combat.

Monsieur Christian Bonneton, d’Arles, spécialiste en affiches anciennes, me confirme par sa dernière trouvaille que la réalité peut dépasser la fiction.

Voyons la genèse des faits qui nous amène à ce cartelito (21x50) du 29 octobre 1905 en plaza d’Arles.

Le 18 juin 1905 la direction Reure des arènes de Marseille présente un spectacle avec Ricardo Bombita et Morenito d’Algésiras, toros du Comte Espoz y Mina, la tradition était que le réserve du même fer pouvait être lidié plus tard.

Le 23 juillet de cette même année ; c’est une corrida historique qui oppose cinq Miura et un Luis Flores à Lagartijo Chico et Rafael Gomez El Gallo, le divin chauve.

L’histoire retiendra un gigantesque fracaso de ce dernier devant un toro nommé « Solitario », nom déjà anxiogène pour un imaginatif, pour un gitan, alors ! écrira Paul Casanova.

Le dimanche 29 octobre 1905 la direction des arènes d’Arles (identique à celle de Marseille) proposera une course mixte : 4 croisés espagnols de Desfonds de L’Eysselle, origine Anjouvin Joseph Yonnet. Et deux toros de pur sang espagnol, un Espoz y Mina et un Miura.

Nos deux bichos bouclèrent là leur long périple en Arles. Pour le pensionnaire de Zahariche l’affiche qui était pleine comme un œuf d’explications de texte et non en forme d’œuf comme celle de Pâques 2009, précisait : «  ce fauve était tellement vigoureux et fort qu’au moment du débarquement, en fonçant dans les broladères (sic) il se fit sauter les deux cornes ».

La conclusion étant «  quoique privé de ses défenses le fauve fournira une course supérieure et sensationnelle par sa curiosité et sa vigueur ».

Les hommes sont Antoni Ortega « Marinero » (48ans) et Ambroise Boudin « Pouly II » (31 ans).

Deux croisés furent toréer au simulacre (sans mise à mort), les deux autres furent rasetés…

Pour les deux toros espagnols, ils furent piqués, banderillés et mis à mort. Pouly II coupa une oreille et Marinero se contenta du silence pour le Miura.

Autres temps, autres mœurs.

Jacques Lanfranchi

Avril 2009

L’affiche est à la vente au Salon du toro en Arles, téléphone mobile 0620204620.

*desbana : mot provençal : écorné, sans corne

Bibliographie :

  • L’histoire tauromachique en Arles Gilbert Lacroix UBTF 1977

  • Toreros français d’hier et d’aujourd’hui, Dupuy et collaborateurs UBTF 1979

  • Deux siècles de tauromachie à Marseille Paul Casanova UBTF 1990

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Le "quadrille" de Pouly II

 

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