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Féria de Pâques en Arles

Dimanche 19 avril 2009 / soir

6 Dos Hermanas 6

pour

Marco Léal / Luis Miguel Casares / "Tomasito"

Photo : Eric Hermet

Honorable novillada de Patrick Laugier qui, malgré deux exemplaires sans race (les deux premiers), compta trois novillos supérieurs: les 3eme, 4eme et 6eme. Tomasito quant à lui signa la meilleure faena, chanceux au sorteo mais désavantagé par une pluie diluvienne.

Marco Leal
répéta son audace de la veille en allant à puerta gayola, le tonnerre resonnant au moment même ou surgit son novillo de l'obscurité du couloir. Signe de bonne augure ou pas Marco le reçut avec un réelle entrega à la cape, surement piqué de ne pas avoir coupé la veille. Son adversaire se présenta très en avant du cheval lors de la première rencontre, poussant et délogeant le cavalier. Mais lors de la deuxième il se défendit plus qu'il ne poussa. Marco sut ensuite conquérir son public aux banderilles malgré un novillo qui s'élançait particulièrement fort. Muleta en main il montra par tous les moyens son envie de couper les oreille: debout, à genoux, de plus en plus près, il opta finalement pour la douceur face à ce novillo sans violence ni animosité mais chargeant presque à contre cur, mesurant sans cesse son torero qui ne recula pas devant de telles hésitations. Un entière efficace, salut au centre.

Son second poussa pas mal sous le fer puis fut très peu piqué lors de la deuxième rencontre puisque la première avait été plus qu'efficace. Marco eut ensuite le geste de venir réaliser un quite par chicuelinas, surement en réponse à celui de son companero arlésien, immobile malgré le danger d'une piste détrempée. A droite il révéla un excellent novillo, chargeant avec un cur immense, le museau collé au sol avec une douceur euphorisante, pourtant causée par une certaine faiblesse. L'arlésien l'embarqua de toute sa force dans sa muleta, bien que pesant trop sur ce novillo, puisant trop rapidement ses réserves et son moral, et raccourcissant ainsi la faena. Pinchazos puis une entière un peu basse.

Luis Miguel Casares torea son premier avec une immense douceur à la cape par véroniques absolument parfaites en tout point dans une lenteur surnaturelle. Après deux légères piques il s'ajusta  à ce novillo noble mais qui ne devait absolument pas toucher le leurre à aucun moment sous peine de voir s'accentuer sa tendance à donner des coups de tête. Dès la deuxième série il refusa désormais de charger, laissant Casares sans options, le tuant de deux pinchazos et une entière. Salut

Il fut mis en danger à la cape puis mena son second novillo au cheval pour deux piques en poussant. Mais très vite Luis Miguel s'aperçut que ce novillo ne permettait aucune hésitation de sa part, n'attendant qu'une faille pour l'attraper. Chargeant au pas, indécis, Casares répliqua en gardant toujours la main bien basse de manière à ne pas se faire accrocher le leurre. Certain des pires intentions de celui-ci à gauche, il s'attacha à toujours lier la passe de poitrine sur la même corne droite et n'essaya pas vraiment à gauche. Une entière, salut aux tiers.

Tomasito alla lui aussi à puerta gayola puis profita de la grande mobilité de son adversaire pour le recevoir avec alegria. Après un élégant quite par chicuelinas il prit soin de replacer son novillo à une distance plus importante pour sa deuxième rencontre, d'où le novillo vint sans hésiter mais ressortant aussitot. Après le quite de Marco Leal, Tomasito voulut y retourner à nouveau, marquant ainsi une vraie competencia entre les deux arlésiens, car ni l'un ni l'autre n'accepta de laisser l'autre briller dans son terrain. Muleta en main et sous un vrai déluge, Tomasito, transcendé, réalisa deux glorieux cambios, pieds nus, puis toréa relaché, comme libéré, parvenant à acquérir un vrai dialogue avec ce public conquis. Mais ce fut aussi grâce à son allié, bon collaborateur, enchantant même son éleveur. S'ensuivit un torero profond et de bon gout, appartenant un corte très personnel, sous les "olé" persistants. Dommage qu'il ne conclut pas avec l'épée, pinchant à plusieurs reprises puis réussissant un entière sans effet, descabello. Vuelta.

Retourna encore à puerta gayola puis par largas à genoux avant de mener son deuxième cornu pour deux rencontres, poussant bravement et sur la durée. Tomasito le brinda au public puis s'entendit dès le départ avec son exemplaire, le cuajant sur d'infinis derechazos liés sur un seul pas, la bras bien en avant et le compas idéalement ouvert. Il fut cependant gêné par la pluie battante, l'obligeant même à changer de muleta, la sienne gorgée d'eau étant devenue beaucoup trop lourde. Il finit par peaufiner sa faena par de coquets détails, emplis d'insolence et de dédain. Mais qu'est ce que c'est beau! Une entière et donc une oreille, la seule de l'après midi.

Marie Barcelo

Reportages photographiques : Eric Hermet photo / Daniel Chicot

 

 

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