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Féria de Pâques en Arles

Lundi 13 avril 2009 / soir

6 Victorino Martin 6

pour

Antonio Ferrera / "El Cid " / Mehdi Savalli

Entrée : Quasi plein

Temps : Ensoleillé

Photo : Daniel Chicot

Temps ensoleillé (enfin!) et arènes quasiment pleines pour cette intéressante corrida de Victorino, bon le 4eme, excellent le dernier mais compliqués les deux attribués à El Cid. La belle surprise vint du torero arlésien Mehdi Savalli qui après avoir été correct à son premier toro a servi une faena sensationnelle à son excellent second, lui coupant les deux appendices.

Antonio Ferrera: Jaugea d'abord les déplacements et le moral de son toro à la cape puis le mena pour une première pique d'une distance correcte mais sans pousser. Lors de la deuxième, bien que de très près, le toro ne s'employa pas du tout. Il partagea le tercio de banderilles avec son companero Mehdi Savalli et tenta une impossible paire de banderilles: d'une part à cause d'un toro venant quasiment au pas, et d'autre part car il tenta de la poser exagérément por dentro, espérant surement que le toro charge plus de cette façon. Dès les premières séries de muletazos ce toro se retourna excessivement court.

Avec cadence et technique affinée, Ferrera parvint malgré tout à lier une série gauchère très communicative. Le toro se révéla finalement pas si imbuvable dans le leurre de cet expert qui l'allongea même sur quelques centimètres supplémentaires au fil des séries. Ce fut le même travail à droite, d'abord embêtant et protestataire, l'adversaire finit par se plier aux toques. Malgré ses efforts considérables ce torero ne donna pas au public l'impression d'avoir réellement dominé les débats. Salut au centre.

Antonio Ferrera fut surprenant de douceur à la cape, toreant par veroniques au ralenti. Première pique en poussant modérément puis deuxième furtive. Aux banderilles il posa deux bonnes paires puis une troisième par quiebro dans les planches, impressionnant. A la muleta il se rendit vite compte des difficultés de son adversaire à droite et le prit donc immédiatement sur la corne gauche. Il profita donc de la race et la noblesse de celui-ci pour le toréer largement mais en criant beaucoup... Finalement il reussit à lier à droite, avec lenteur et temple. Il termina à gauche par trois naturelles à la profondeur et longueur vertigineuse. Une grande estocade efficace, une oreille.

El Cid: Après avoir reçu ce bon et mobile toro à la cape, El Cid s'exclama: "Celui-ci nous allons lui faire les choses bien et je vais lui couper la queue!". Nous aurions pu y croire en voyant cette première pique en poussant fort et la tête bien placée en bas puis une deuxième en poussant encore plus fort, laissant entrevoir de belles promesses. Le torero brinda au public puis le reçut par le bas, découvrant avec un pincement au cur que ces promesses n'étaient qu'illusoires. En effet, court et regardant beaucoup le torero, ce toro établit un danger permanent, accrochant même le maestro sans gravité. A gauche comme à droite  le savoir de cet homme ne suffit pas à, maitriser l'animal. Il abrégea donc par deux pinchazos et descabello.

  Les choses ne s'améliorèrent pas au second. Après deux piques rapides il débuta à la muleta l'air facile et en marchant toujours, à l'aise. Il demarra à droite et obligea son toro par le bas d'entrée malgré d'inquiétants et hésitants regards de la part de celui-ci, auquel il répondit par un toque toujours plus ferme. Mais s'il eut le malheur de reculer ne serait-ce que d'un pas à ce moment là, le toro répondait en accélérent sur le torero. Un entière et silence.

Mehdi Savalli reçut parfaitement son premier toro à la cape, ce dernier se déplaçant loin après le leurre. Il reçut une première pique sans pousser puis une deuxième sur le même ton, donnant juste un violent coup de tête. Il partagea ses banderilles avec Antonio Ferrera à son tour puis brinda au public. Il débuta à droite, cherchant à s'ajuster au ton de ce toro obéissant mais protestant sur la fin du muletazo. Donnant lui-même la cadence par un replacement exact et une effort constant, il réalisa une fantastique série droitière, comprenant deux muletazos allongés jubilatoires. A gauche il fut précipité au départ et décida rapidement de continuer à droite. Et il fit bien puisqu'il le fit rompre par le bas dans une vraie alegria. Deux pinchazos, deux tiers de lame et un coup de descabello. Salut.

Il reçut son grand cornu et très mobile second par trois largas à genoux dont une au centre mettant le feu aux gradins, rématés par une demie-véronique intemporelle. Poussant bien à la première pique puis venant de plus loin à le seconde mais ne poussant plus, ce toro révéla cependant de grandes qualités à la muleta. Avant cela il brinda sa faena à son père à qui il interdit de rentrer en piste, plus que personne conscient du danger présent. Le père désobéissant vint recevoir cet honneur dans les bras de son fils malgré tout. A la muleta donc il reçut par une série par le bas très torera et artiste sous les "biiien!" unanimes. Puis surgirent quelques séries droitières parfaites, le prenant loin devant et le libérant loin derrière, rematant par un pecho ressenti, magistral. Cherchant la distance idéale, il le torea tel un technicien, profitant de sa grande noblesse. En effet ce toro, le meilleur du lot, chargeant à la moindre sollicitation le museau collé au sol tout du long. A ce moment là Mehdi se régale, se fait plaisir à nous faire frissonner, ça c'est toréer ! Il resta finalement très près des cornes et servit deux redondos dans un sitio dangereux, en conquérant. Une entière légèrement basse mais efficace : deux oreilles.

Marie Barcelo

Reportage photographique : Laurent Deloye "El Tico"photo

La video sur le site ami Feria.tv

 

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