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Féria de Pâques en Arles

Dimanche 12 avril 2009 / soir

6 Miura 6

pour

Juan José Padilla / "Rafaelillo" / Julien Lescarret

Entrée : 9/10ème d'arène

Temps : Couvert ; Quelques gouttes de pluie en début de course

padilla

Intéressante corrida de Miura, poussant généralement au cheval et plutôt noble à la muleta, en comparaison avec les Miuras d’il y a quelques années encore. Ceux-ci furent plutôt obéissants en général. Une corrida majoritairement appréciée par un public venu en masse (quasiment plein) malgré un temps menaçant.

Juan José Padilla reçut son imposant et regardant Miura par largas afaroladas et véroniques enchaînées, annonçant d’emblée le ton de ses prestations. Il le mena au cheval par chicuelinas marchées pour une première pique d’une distance courte mais poussant bien dans le peto, puis il demanda le changement de tercio qui lui fut refusé (et oui les deux piques règlementaires…). Pourtant l’avis du torero était le bon puisque le toro s’effondra lors de la deuxième rencontre. Le maestro avait bien vu un toro affaibli et adouci dans sa cape. Il servit ensuite un tercio de banderilles judicieusement mis en scène, réchauffant un public glacé par une pluie fine. A droite il prit la température de ce toro pas tellement embêtant puisque relativement arrêté, obéissant mais n’humiliant quasiment pas dans le leurre. La science de cet homme le poussa à adopter la stratégie suivante : se replacer rapidement à un mètre environ de distance et laisser le temps au toro entre chaque muletazo, favorisant ainsi son envie de charger. Un pinchazo, une ¾ de lame et une entière. Salut aux tiers.

Son second se déplaçait bien et s’employait réellement dans le leurre de ce torero qui ne rata pas l’occasion de servir une excellente série de véroniques dominatrices. Ce toro poussa fort lors des deux piques. Padilla débuta à la muleta à genoux, bien décidé à se jouer la vie et ne se levant pas même devant les hésitations de ce toro menaçant. Le public est dans la poche, il va falloir maintenir la pression. La seule volonté du torero aurait pu nous en assurer mais la fâcheuse tendance de son adversaire à se retourner court à gauche sema le doute. Ce risque n’entame en rien l’alegria du « ciclon de Jerez » qui, tout sourire, persista sur cette main. A base de toques firmes et de distance courte, il termina de s’affirmer par un série de manoletinas pas très quietas certes, mais il fallait le faire. Une entière foudroyante : Deux oreilles.

Rafaelillo démarra de la même façon à la cape, comme une réponse faite à son companero précédent. Le toro poussa sur le côté lors de la première pique, et la deuxième d’un peu plus loin de fut pas plus convaincante. Après avoir brindé au public il servit un début de faena tout en douceur interrompu par la faiblesse du toro. C’est à gauche que Rafaelillo eut parfois l’occasion de marquer quelques notes profondes, profitant de l’obéissance et de la totale soumission de son adversaire pour aller jusqu’à réaliser deux redondos appréciés unanimement du public. Cette faena quasiment entièrement gauchère se termina par un desplante de près jetant muleta et ayuda, audacieux… Une mort laborieuse vint gâcher ce formidable effort, salut aux tiers.

Surement motivé par les deux oreilles de son companero, il décida de recevoir son deuxième exemplaire par deux largas afaroladas, la corne frôlant sa temps. Pour la première pique il fut placé à une distance de 4 mètres environ, poussant longuement. La deuxième fut d’un tout autre ton puisqu’il poussa peu et sortit avec nonchalance. Ce dernier donna de violents coups de tête au départ mais le maestro tenta de la conduire le plus loin possible à droite. Plein d’ardeur et se surpassant, il réussit même à lui lier une série droitière bien cadencée, améliorant l’embestida du toro et distillant une vraie émotion. La main basse il le fit humilier et révéla un léger fond de noblesse. Une entière plate et lente à faire effet, descabello. Salut.

Julien Lescarret servit un début de cape efficace face à cet immeuble. Ce dernier prit une première pique quasiment du centre de la piste puis une deuxième de la même distance au trot, poussant légèrement plus. La troisième fut le fruit d’un malentendu avec Juan José Padilla, le toro se retrouvant mal placé donc la pique fut quasi nulle. Il s’appliqua ensuite énormément à la muleta, faisant charger son toro brave mais mou de dix mètres, pour la plus grande satisfaction du public. Julien l’attendit immobile, fixé, le bras bien devant et le regard sûr. Seulement ce toro gazapon accrocha le torero qui se retrouva un temps asphyxié. Il le pincha puis le tua d’une fabuleuse entière foudroyante, une vrai délivrance. Une oreille.

Il lidia surtout son second à la cape puis le laissa filer à la pique pour pousser convenablement. La deuxième rencontre envoya carrément le cheval à l’autre bout de la piste, avant que Lescaret change le tercio, cherchant à préserver son toro pour lui aussi faire un faenon. A droite il fut très ferme et réfléchi dès le début. Le toro se déplaçant bien il lui servit d’emblée deux séries droitières quasiment parfaites avant d’aller une nouvelle fois le toquer à 10 mètres, sollicitation à laquelle le toro répondit sans hésitation. A gauche, une par une au départ, il tenta peu à peu de ne plus laisser le toro s’arrêter pour trouver enfin cette émotion… qui n’arriva que trop tard. Sur sa faim et prêt à tout, il réalisa une surprenante série de manoletinas, immobile. Une mete y saca, une demie lame, une entière et descabello. Salut.

Marie Barcelo

Reportage photographique : Laurent Deloye "El Tico"photo

La video sur le site ami feria.tv :

 

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