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Les Saintes Maries de la Mer

8 août 2009

6 Toros de Palla et Gallon 6

pour

"Juan Bautista "

Unica Espada

Entrée : Quasi plein

Temps : Grand beau

Photo : Jean-Claure Carbonne

C'est dans des arènes combles et sous un soleil de plomb que s'est déroulée cette corrida en hommage aux dix ans d'alternative du maestro. Le maire des Saintes Maries de la Mer Mr Roland Chassain et le président de son club taurin Mr Sourrisseau ont d'ailleurs tenu à lui remettre un présent.

Lors de la réception de cape du premier de Gallon, Juan Bautista anticipa les premières notes de musique par quelques delentales cristallins. Après une pique furtive, son toro se révéla d'une extrême noblesse, grâce à laquelle le torero put se relâcher sur quelques naturelles intenses, mais devant toujours penser à corriger une grande faiblesse. A droite il joua de sa ceinture pour se le passer très près du corps, développant déjà un répertoire étendu et très plaisant. Une entière. Salut.

Il reçut son deuxième toro du fer d'Antonio Palla à genoux, l'air relâché dans une assurance communicatrice, avant de signer le tout d'une revolera intemporelle. Une pique en poussant pas mal. Muleta en main, Juan Bautista profita pleinement des qualités de ce toro à la transmission débordante, chargeant sans cesse au galop, au moindre mouvement de la muleta. L'arlésien dans son élément et au rythme des guitares flamencas ne cessa d'inviter cet adversaire à la réalisation de ses passes rêvées. Une entière. Deux oreilles.

Son troisième de Gallon se révéla d'un tout autre registre: plus rapide, mobile, il ne semblait pas manquer de force. Après deux piques plutôt courtes, il brinda sa faena à son banderillero de confiance: Christian Romero. Seulement la réception de muleta assis sur l'estribo lui ôta une bonne partie de son élan. Il dut donc faire plus attention par la suite, le toro serrant désormais sur les deux cornes. Il livra donc une faena plus hachée, dans les cornes, calculant chaque toque et réussissant à le dominer totalement.  Ayant tout compris à gauche, il fit naitre quelques naturelles insoupçonnées. Une pinchazo, une entière. Vuelta.

Son quatrième de Palla fut changé et remplacé par un exemplaire du même fer mais âgé d'un an de plus. Cependant celui-ci dévoila un comportement incertain voire dangereux. Il reçut une longue pique sans pousser vraiment. Juan Bautista ne perdit pas un instant  pour régler les imperfections et la violence de ce toro, lui baissant la main à outrance et affirmant son autorité par un toque dominateur. Évaluant les terrains, scrutant son adversaire comme pour y déceler la moindre intention, l'artiste des trois premiers toros fit place au professionnel avisé qu'il est. Il jaugea la force de son toro à mettre dans chaque passe tel un grand sorcier qui prépare une potion avec ses propres ingrédients. Cet adversaire qui pourtant continua à charger sans rechigner peina à aller jusqu'au bout des passes et se réfugia aux planches. Une entière foudroyante. Deux oreilles.

Motivé par ces trophées Juan Bautista reçut son cinquième de Gallon par une larga de rodillas. Une pique rapide puis il montra quelques signes de faiblesse accentués par les trincheras et autres passes par le bas du torero qui chercha avant tout à mettre à mal cette fougue gênante. Ainsi cadré, le toro se révéla finalement bien plus noble que prévu bien que nécessitant une muleta bien sur les yeux. Encore un effet  de sa grande technique, les choses parurent soudain dans cette muleta tellement plus facile et claires, voire limpides. Une entière. Une oreille.

Dernier d'Antonio Palla: Déchainé, l'arlésien entraina avec conviction ce bon et joli toro de Palla, mettant littéralement le feu aux gradins. Emporté par cette atmosphère euphorique, il décida de banderiller lui même un sourire aux lèvres l'air de dire: "je ne sais pas le faire", s'en sortant pourtant pas si mal! Il reprit même la cape après les banderilles pour exécuter un quite. Il brinda à sa sur avant de vite se rendre compte des réelles aptitudes de ce toro compliqué à droite, se retournant court à gauche. Devant revêtir la casquette de guerrier, il lui arracha quelques derechazos en se jouant la vie. Une entière. Deux oreilles.

Marie Barcelo

Reportage photo : Daniel Chicot photos

 

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