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JEAN LOUIS LOPEZ

Le sommet du ridicule

 

barcelona

Photo : DR

Le Parlement catalan a ouvert ces jours derniers la série d’interventions de personnalités diverses venues témoigner sur leur point de vue sur la corrida. On a pu entendre Luis Francisco Espla, Joselito, Salvador Boix, apoderado de José Tomas, et bien d’autres individus pro ou anti corrida.

On sait qu’à l’initiative du parti ILP, Initiative Législative Popular, qui a proposé une loi visant à interdire les corridas en Catalogne, un certain nombre de personnalités à été priée de venir présenter son point de vue face au Parlement catalan.

La démocratie bat de l’aile en Catalogne. La corrida ne saurait être l’objet de négociations ou autres palabres aussi vaines les unes que les autres.

Le Parlement a-t-il besoin de connaître le point de vue des taurins ? Non, bien sûr. La corrida en Catalogne possède un passé riche de plusieurs siècles. Alors venir en parler aujourd’hui est pure hypocrisie. Si les députés veulent abolir la corrida, qu’ils le fassent clairement, sans se donner l’air de chercher une vérité dont ils disposent déjà.

La vérité, c’est que certains séparatistes catalans reprochent à la corrida de représenter une survivance du franquisme. Seuls les imbéciles pourront nier ce fait. On connaît le rôle que le régime dictatorial du général Franco avait donné à la tauromachie. Le panem et circenses l’avait précédé près de deux mille ans auparavant. Mais de nos jours, la corrida n’a plus rien à voir avec le régime du passé. Les Ecoles de tauromachie, la recherche de la fête pure et simple qui est de mise de nos jours, le rapprochement avec la Culture, comme l’affirmait Federico Garcia Lorca il y a prés de quatre vingt ans sont des marques indiscutables de l’évolution connue par la course de taureaux.

Comment concevoir un Tribunal face auquel on viendrait porter témoignage sur des convictions politiques ou religieuses, son opinion sur telle ou telle œuvre picturale ou musicale.

Aimer Wagner ou Mozart, est-ce un délit ? Ou préférer Chateaubriand à Balzac ?

Les « témoins » venus plaider face au Parlement catalan sont fautifs, de ne pas posséder suffisamment de confiance en soi, de conviction face à leur propre opinion. Ces plaidoyers sont pitoyables et ridicules. La Catalogne, qui lutte pour son indépendance à l’égard de la Nation espagnole, s’enrichirait en évitant cette parodie de justice.

Les aficionados sont des gens respectueux des goûts et principes des autres. Sans éprouver le besoin d’aller justifier leur propre opinion auprès des prétendus justiciers.

Jean-Louis Lopez

mars 2010

 

 

 

 

 

 

 

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