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JEAN LOUIS LOPEZ

Carmen, c'est l'enfer !

 

carmen

A quelques semaines de différence, la télévision nous a offert deux versions de l’opéra de Georges Bizet, Carmen. La première, ce fut une Carmen à la Scala de Milan, présenté sur Arte le lundi 7 décembre 2009, et la seconde, le samedi 2 janvier, à l’Opéra Comique de Paris, sur France 3. En outre, il existe depuis peu, dans le commerce, une Carmen de Franco Zefirelli, avec Placido Domingo, le Numero 1 d’une collection consacrée aux plus grands opéras, éditée par la Société Altaya.

Rien d’étonnant à cette répétition : Carmen est l’opéra le plus souvent représenté sur toutes les scènes du monde.

Originale et représentative fut la Carmen mise en scène par Emma Dante à la Scala de Milan. La prestation de Anita Rachvelishvili, dans le rôle de Carmen, fut longuement ovationnée par le public connaisseur italien. Mais la mise en scène d’Emma Dante fut copieusement sifflée. Figure de proue du théâtre contemporain italien, Emma Dante, qui est sicilienne, pense que « être Carmen signifie transgresser les règles, s’éloigner du moralisme et de l’hypocrisie, éprouver l’ivresse de la liberté et par conséquent remettre en question l’existence de Dieu ».Une mise en scène sombre, que certains ont comparé à l’évocation d’un cimetière. Mais en vérité, un point de vue artistique ne saurait être critiqué.

Plus conventionnelle était la Carmen de l’Opéra-Comique présentée par France 3 Interprétée par Anna Caterina Antonacci, cette Carmen retrouve la salle de sa création le 3 mars 1875, qui fut un fiasco, bien que l’opéra donna lieu à 48 représentation durant sa première année.

Lorsqu’il publie Carmen, Prosper Mérimée s’est déjà rendu en Espagne à deux reprises. D’abord en 1830, où il fait connaissance d’Eugénie de Montijo, future épouse de Napoléon III, en 184O, ensuite, mais il ne visite alors que Madrid et le Nord de la péninsule. Mérimée, agnostique et qui n’a jamais été baptisé, rivalise avec son ami Stendhal de sarcasmes contre l’Eglise, les prêtres et toutes les religions. Rien d’étonnant à ce qu’il dépeigne Carmen comme un être libre, fantasque et passionné, qui vit sans contrainte. Emma Dante sera critiquée pour avoir représenté des femmes qui fument sur scène…

Tauromachiquement parlant, les (petites) erreurs sont multiples sur le livret de Meilhac et Halévy : le picador ne déchire pas de sa lance les flancs du taureau. Mais la musique, elle, est devenue célèbre : ne joue-t-on pas l’air du Toreador dans la plupart des arènes françaises au moment du paseo ?

Jean-Louis Lopez

janvier 2010

 

 

 

 

 

 

 

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