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observatoire

 

JEAN LOUIS LOPEZ

25 novembre 91

 

nimeno

Photo : Jean-Claude Carbonne

Cela fait dix huit ans, presque jour pour jour, que Christian nous a quitté. Pour un au-delà nébuleux d’où peut-être il nous observe et scrute les corridas auxquelles il ne participe plus et qui doivent cruellement lui manquer. Courageux d’entre les courageux, il a préféré définitivement tourner une page pour choisir le néant. Parce que la corrida était sa raison de vivre, et que sans elle, il ne pouvait supporter une existence fade.

Peut être pourra-t-on assurer qu’il a été un maître à penser, que tous ceux qui se servent aujourd’hui d’une cape et d’une muleta lui sont redevables de quelque chose d’essentiel : L’amour de la corrida.

Sebastien Castella aurait-il pu exister sans Nimeno ? Bien malin celui qui pourra répondre. Mais cependant, ce qui est sûr, c’est que Christian a entrebâillé une porte qui est toujours grande ouverte. Comme pour lui l’avaient été celles d’Alain, le premier des Nimeño, de Simon Casas, de Jaquito et de bien d’autres encore. Ecrire que certains morts nous manquent serait un lieu commun inutile. Et pourtant…

Christian doit s’indigner que certains catalans entendent fermer la Monumental de Barcelone. Il doit aussi avoir des frissons de satisfaction à la vue des triomphes qu’un torero français connaît en Espagne et au Mexique. Car s’il est un sentiment qui n’a jamais frôlé Nimeño, c’est bien celui de la jalousie.

Castella, fils, ou plutôt frère de Christian, c’est une évidence. Et que le torero de Béziers ait cette année raflé tout les prix de la saison 2009 ravit tous les aficionados, de chaque côté des Pyrénées.

A Caissargues, dans les arènes où il s’entraînait, l’ombre de Christian est toujours présente et la statue qui a été érigée en son honneur face au vieil amphithéâtre romain de Nîmes semble encore attendre l’heure du paseo. Angel Teruel, le parrain de son alternative, Manzanares qui fut le témoin, Victor Mendes, avec qui il honora le fer des toros de Guardiola, sont retirés des arènes.

Christian Nimeño aussi. Et nul ne l’oubliera.

Jean-Louis Lopez

décembre 2009

 

 

 

 

 

 

 

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