Les qualités dites "morales" du toro de combat

Les toros se distinguent les uns des autres au-delà de leur morphologie (poids, taille, cornes, couleur de pelage) par des comportements bien définis recevant chacun une qualification qui révèlent leur tempérament.

Presque tous s'analysent en une combinaison variable de trois facteurs : l'instinct offensif ou bravoure , l'instinct défensif ou nerf (genio).Si ce dernier est pas trop marqué, le toro est noble , s'il est trop dominant  le toro est violent (bronco).

L'ensemble de ces deux qualités bravoure plus noblesse déterminent la caste , sinon il est de mauvaise caste (mal casta) décasté (decastado) voire de demi caste (morucho).

Le troisième paramètre est la vivacité (alegria), elle se manifeste au cours des deux précédents, elle indique la propension du toro à répondre à l'appel de l'homme et la manière de s'engager à fond dans le jeu du torero.

L'antithèse du toro «alegre » est le toro fade (soso) qui charge par obligation et nonchalance, ceci explique certaines faenas où, le torero incite le toro à charger en frappant du pied (patata), en donnant de la voix, voire en tapant sur la corne : c'est-à-dire "alegrar el toro".

D'une manière un peu empirique la bravoure est classée en plusieurs stades par ordre croissant de qualité :

•  bravucon  : toro plus fanfaron qu'agressif

•  bravito (les attaques ne sont pas confirmées)

•  bravo (attaque sans répit, recherche le combat)

•  bandera (toro exceptionnel dont la dépouille est honorée d'un tour de piste (vuelta), voire gracié, (indulto).

Le contraire de la bravoure est la mansedubre dont le classement vers le pire est le suivant :

- mansote  : toro manquant de bravoure

- mansuron  : toro qui esquive le combat mais le subit

- manso : toro qui se soustrait au combat

- manso perdido : toro qui refuse complètement le combat

Depuis quelques années, un élément nouveau dans la classification est apparu : le manso con casta :  « c'est une bête qui a perdu la bravoure avec la sauvagerie, qui se révèle noble et sans sentido » (Pierre Dupuy in Toros, 02/01/1999)

A tous ces critères de jugement doivent s'ajouter une infinité de facteurs intrinsèques qui agissent sur le comportement de l'animal : force, état sanitaire, origine, encaste. Mais aussi extrinsèques : conditions climatiques, grandeur de la piste, lidia, personnalité du torero.

Lors de l'épreuve de la tienta pour les futures génitrices, l'éleveur recherchera la bravoure par l'épreuve de la pique et la noblesse par l'épreuve de muleta, il jugera de l'agressivité spontanée (codicia).en évitant celle réfléchie (le sentido).

Dans ce véritable laboratoire d'essai qu'est le tentadero, il intégrera ses paramètres personnels : lignée (reata), style de l'animal, son esprit (chispa) propre à chaque ganadero. le temps donnera son verdict, car en Tauromachie, c'est la qualité des enfants qui confirment ou infirment le jugement sur les parents et leur devenirů

En guise de remate, si la bravoure est le café et la noblesse, le sucre, retourneriez-vous dans un débit de boissons parce que le café est bon ou parce que le sucre est à discrétion ?

 

Février 2007

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