Tarde de Toros chez Romero

bar

Ils étaient venus,‭ ‬ils étaient tous là,‭ ‬pour voir Castella,‭ ‬même Michel Lagravère,‭ ‬notre torero amérindien de retour du Mexique,‭ ‬pour confirmation d’alternative à Nîmes.‭ ‬Jugez un peu du conclave :‭ ‬Curro Caro le plus sévillan des arlésiens,‭ ‬Paquito Leal,‭ ‬le prof,‭ ‬Charly Laloé El Lobo,‭ ‬Morenito d’Arles,‭ ‬Mehdi Savalli,‭ ‬6‭ ‬matadors de toros.‭ ‬Mais aussi Marco Leal,‭ ‬Samuel Rivera,‭ ‬Raphaël Viotti,‭ ‬novilleros con caballos,‭ ‬les jeunes du‭ «‬ sin caballos ‭»‬ :‭ ‬Graziella,‭ ‬Raphael,‭ ‬Marc Antoine junior,‭ ‬Tomasito,‭ ‬Sofian…Gilbert Romero,‭ ‬le rejoneador,‭ ‬Patrick Laugier et Gilbert Mroz,‭ ‬les éleveurs.‭ ‬Les duettistes Agustin Losada et Alfredo Martinez et leur sabir hispano-francés quand ils parlent de toros.‭ ‬Les recortadores d’Arles.‭ ‬E t puis tous les autres,‭ ‬on ne sait plus s’ils sont‭ ‬taurinos ou‭ ‬aficionados ou les deux à la fois.

Parité oblige :‭ ‬Thérèse,‭ ‬Margaux,‭ ‬Rose,‭ ‬Evelyne.

Le porte-bonheur,‭ ‬le photographe Lucien Clergue,‭ ‬déjà présent le jour où Juan Bautista coupa à Madrid.

Dans‭ ‬80‭ ‬m2‭ «‬ çà fait du beau linge ‭» ‬comme dirait Audiard,‭ ‬et surtout‭ «‬ no hay billetes ‭»‬,‭ ‬tout ce monde chez et‭ ‬sous l’œil bienveillant de l’Impérial Marc Antoine Goïta et son clan Romero‭ (‬branche fourquesienne incluse‭)‬.

La première rumeur déferla‭ ‬quand on vit‭ ‬le Président de course alias‭ «‬ Bigote ‭»‬.‭ ‬Il nous avait déjà volé à Madrid,‭ ‬enfin surtout Sébastien Castella.‭ ‬En traitement préventif comme l’homéopathie,‭ ‬on lui a parlé de sa mère,‭ ‬de ses mauvaises fréquentations,‭ ‬mais aussi de la possible infidélité de sa femme.‭ ‬Pour exorciser le signe indien de cet ancien commissaire.

Au paseo,‭ ‬Miguel Abellan à la pâleur maladive assortie à son costume,‭ ‬Miguel Angel Perrera vêtu d’un bleu et or magnifique et Sébastien Castella avec sa grande montera,‭ «‬ le Petit ‭» ‬pour qui tout ce monde était là ‭!

Le second Valdefresno sortit comme ses frères,‭ ‬grand comme une cathédrale avec les deux paratonnerres assortis,‭ ‬lourd,‭ ‬un toro de Madrid ‭! ‬Il fera basculer la course en blessant Perrera au mollet après un quite par gaonera.Le mano à mano était lancé avec redistribution du lot de l’infortuné blessé.
A l’heure où les trop blondes madrilènes enlèvent leurs lunettes de soleil et leurs maris‭ (‬ou leurs pères‭) ‬rallument pour la dernière fois leur cigare en téléphonant,‭ ‬sortit en sixième position‭ «‬ Lironcito ‭» (‬petit loir‭)‬,‭ ‬le plus éveillé de la course qui échut à Sébastien.

Seul toro à remater,‭ ‬le conclave se fit silencieux,‭ ‬trois piques sérieuses avec mise en suerte à une main,‭ ‬le public se fit grondant.

Le français brindera son toro à son compagnon à l’infirmerie.‭ ‬Cinq statuaires,‭ ‬deux trincheras et une firma,‭ ‬le toro est au centre de la piste.‭ ‬Là de sa voix tronçonnée par le tabac,‭ ‬Antoñete dira‭ «‬ eso es Torear ‭»‬ ‭!

La faena s’égrènera simplement avec quiétude,‭ ‬art et concentration des deux côtés,‭ ‬dont un changement magique de mains à la Majax.‭ ‬Jusqu’à l’épée libératrice que beaucoup dans la salle attendait debout,‭ ‬le coso madrilène avait rompu enfin devant‭ «‬ El Francés ‭»‬,‭ ‬même le président se transformera en gendarme en arrêtant le train d’arrastre d’une main‭ ‬du haut de son palco,‭ ‬de l’autre sortant le‭ ‬deuxième mouchoir.‭ ‬Nos imprécations du début avaient marchées.

‭ ‬Première Puerta Grande pour un matador de toros français et c’est un peu celle de tout le mundillo hexagonal d’hier et d’aujourd’hui.‭ ‬Notre Coupe du Monde à nous.

Avec le champagne ou le tinto,‭ ‬on savourera la sortie de Sébastien‭ «‬ emporté par la foule ‭» ‬jusqu’au coche de cuadrilla ‭; ‬on avait commencé la course aux accents de Charles Aznavour et on finissait avec Edith Piaf. 

Merci à Sébastien Castella,‭ ‬torero de France et au public de chez Romero à Arles.

‬Brindis à Pedro pedro

 

samedi‭ ‬19‭ ‬mai‭ ‬2007

signature

 

retour