Un solo, des soli

image Photo©André Viard « Terres Taurines »

« Si tu n’es pas polémique, tu n’es personne dans la vie » Camaron de la Isla.

Madrid- Dimanche de résurrection 2004- un contre six Morante de la Puebla.

Ce premier rendez-vous manqué dans le Coso madrilène précédera de quelques mois, la maladie, et une retraite. Le temps de soigner l’affection : déprime, schizophrénie… qu’importe, le Maestro était parti dans sa bulle avec un aller simple.

Après maints traitements et thérapies diverses, Morante reviendra pour une belle temporada 2005, la meilleure de sa carrière.

Quelques années lumière et apoderados-échecs plus tard…

Madrid : 6 juin 2007, corrida de la Beneficiencia , un contre six Morante de la Puebla.

Raphaël de Paula, affublé d’une barbe céleste, double corona (Cohiba , Partagas ?) vissé au bec, télépathe dans le callejon avec son poulain.

Gnome claudiquant, dans son costume clair, tout l’art de la race calé.

Un autre gitan Antonio José Jimenez Jimenez « El Lili », peon de confiance, veille en piste, en costume de lumières, plus pragmatique.

Jusqu’au cinquième toro les revisteros patentés auront certainement noté des détails, quelques effluves et éclairs de style, fragrances et autres séquences notables.

Pris dans un volterete impressionnant par le pensionnaire de Sorando, le Maestro verra la corne lui ouvrir le front de la base du nez aux cheveux comme l’évêque signe ses ouailles pour une confirmation.

Certainement que le statut de pénitent « nazereno de la Virgen de Granada » patronne de son village ou le lieu de son premier tendadero de convalescent «  Finca Rancho del Rocio » furent des protecteurs d’ordre divin pour éviter la tragédie.

Vingt minutes plus tard, balafré, transfiguré, il affrontera le dernier toro de Nunez del Cuvillo dont un exemplaire, deux semaines plus tôt lui avait permis d’ouvrir la Porte des Princes à Séville.

Morante va toréer, banderiller pour lui, pour nous, la bulle était entrouverte.

Deux séries de naturelles de face devant le tendido 7 verra une partie de ce dernier se lever, le Roi d’Espagne aussi dans sa loge.

Un type gueulera «  Morante tus huevos » Raphael Morante, le père pleurera, Rafaé acquiescera d’un air entendu, quand l’avis sonnera, philosophe.

Deux entrées a matar : une oreille de plusieurs tonnes, les larmes de Morante dans les bras de « El Lili ».

Morante, ambassadeur de la Puebla del Rio, raro, hétérodoxe, avait conquis le conclave madrilène après l’aristocratie sévillane.

Après les esthètes, les gardiens du Temple rompaient.

«  Il faut que la Tauromachie garde de son émotion, de sa passion, c’est grâce à çà que nous sauverons la Fiesta » Juan Murillo Pedrote, président de palco sévillan.

( In toros 1802-1803)

Brindis à El Tico, d’un torista

10 juin 2007

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