Notes sur la tauromachie

à Cuba.

Généralement l'évocation de Cuba projette dans l'imaginaire de chacun un inventaire où se télescopent : le rhum, les jolies métisses, des révolutionnaires barbus, le tout soutenu par la rythmique des musiciens octogénaires du « Buena Vista Social Club ».

Pour l'aficionado, le terme Havane suggère plutôt les célèbres cigares « Roméo et Juliette », voire « Cohiba », qu'un nom de capitale.

Le son, terme souvent employé pour caractériser certains toros est également un des quatre rythmes basiques de l'île avec le Cha cha cha, la Rumba, et le Charranga.

Pour les plus littéraires, Don Ernesto Hemingway « Papa » finalisera du haut de sa propriété « la Vigie » son ouvrage «  l'été dangereux ». A .Ordoñez et Luis Miguel Dominguin lui rendirent visite en 1959. (Photo 1)

Enfin les français partagent avec les cubains le goût pour les combats de coqs, les toros, et surtout la Révolution !

« Avec l'arquebuse, le cheval, la langue et le Christianisme, le conquistador a aussi amené «  la Fiesta Brava  » (Leonardo Depostre)

Premier pays d'Amérique du sud découvert par Christophe Colomb en 1492, l'île cubaine fut peut-être le premier pays du Nouveau Monde qui vit se dérouler des courses de taureaux.

En 1536 fut construite la première plaza de toros à Santiago de Cuba, la Havane possédera sept plazas de toros de 1796 à 1940.

Luis Mazzantini laissera un souvenir inoubliable, non par l'idylle insulaire qu'il aura avec la Grande Sarah Bernhardt , mais pour ses prestations taurines.

Rafaél Guerra, le Grand Guerrita (dont le cartel cubain du 1 juin 1888 est exposé au musée de Cordoue), plus malheureux que son compagnon y récoltera la pire blessure pour un torero, au visage…

Juan Belmonte et Manuel Rodriguez Manolete y prirent des vacances.

Les élevages espagnols : Concha y Sierra, Duc de Veragua, Miura, Murube foulèrent les ruedos cubains, mais aussi les toros mexicains de Atenco et Cazadero, ainsi que les locaux : Hilario Gonzalés, Manuel Fabregas, Mariano Bormel.

On notera également deux toreros de cette tierra caraïbe : José Marrera « El Chechi » en 1892 et José Antonio Sanchez « Pepillo »  en 1956.

Dans une éphéméride tragique, Francisco Arjona Guillen plus connu sous le nom de « Cuchares », fut emporté par le choléra lors d'une tournée taurine en 1868 à la Havane. Il avait été un des premiers toreros espagnols à représenter la corrida en France à Saint Esprit des Landes en 1853.

Moins d'un siècle plus tard en 1923, le jeune Carlito Aguirre cubain en vacances, fut tué par le descabello échappé des mains d'Antonio Marqués, alors qu'il était dans les arènes de Bayonne. (Photo 2)

Deux jours après la tragédie de Linares, soit le 31 août 1947 après une dernière course au stadium del Cerro, la tradition taurine s'éteignit définitivement à Cuba, victime de la SPA, de l'avènement du base- ball et « de la naissance d'un esprit civilisé moderne et progressiste » (Pablo Riano).

L'occupant américain avait déjà saboté l'affaire en 1899, les spectacles n'étaient plus que des courses au simulacre ou du toréo comique.

Fidel Castro, Che Guevara et leurs guérilleros chassèrent le dictateur Fulgencio Batista et les américains le 31 décembre 1958. Ils ne restaureront pas la fiesta brava mais ils l'appréciaient comme à Las Ventas dans les années soixante. (Photo 3)

En 2000, Armillita Chico, Luis Benitez, Juan Bautista et Sébastien Castella furent annoncés pour un festival qui n'eut pas lieu.

Un jour peut-être dans cette île caraïbe, la Tauromachie reviendra…

Hasta la victoria siempre !

Décembre 2006

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Bibliographie :

- Apuntes sobre El Toreo en Cuba (Leonardo Depostre)

•  Gallos y toros en Cuba (Pablo Riano )

•  Histoire tauromachie à Bayonne (Claude Pelletier)

•  Tauromachie en Amérique du Sud (Michel Porcheror)

•  Un personaje llamado Hemingway (Claudio Izquierdo Fuencia)

 

 

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