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jacques lanfranchi
Hollywood sur Rhône

Tout comme l’Ouest américain, les grands espaces du delta rhodanien ont très tôt attirés les cinéastes.

Le précurseur fut Jean Hamman dit « Joé » né à Paris le 26 octobre 1883, il est considéré avec le réalisateur Jean Durand comme le pionnier du western made in France.

A 17 ans, il s’embarque pour les USA, il mènera une vie d’aventure dans le Dakota, et le Montana en tant que garçon vacher (cow-boy). Il se lie avec Buffalo Bill puis avec le Marquis de Baroncelli, il partage avec lui son amour de la nation indienne, son surnom était « Oiseau Moqueur ».

hamman
La Camargue deviendra le Far West, la plaine de Crau, celle d’Arizona, les reliefs des Baux de Provence, le Colorado, les chevaux Camargue, les mustangs, les gardians, les cow-boys.

« Eponime », en 1906 sera le 1er film, en 1907 il tournera « Desesperado », quelques dizaines de western du temps du muet seront tournés, même le petit train de Camargue deviendra en 1912, le « Railway de la Mort ».

Acteur, dessinateur, scénariste, cascadeur, créateur du premier club de lasso ; il écrira son autobiographie en 1962.

Il s’éteint le 30 juin 1974 à Dieppe.

L’histoire du cinéma va se lier de plus en plus à la Camargue.

Laurent Roche dit le shérif ; un ancien artiste, résidant aux Saintes Maries, jouera des seconds rôles et sera surtout un régisseur précieux pour les réalisateurs parisiens.

Au-delà des adaptations littéraires classiques comme l’Arlésienne, Mireille ou les Filles du Rhône de Jean de Vallières, c’est une kyrielle de longs métrages qui seront tournés avec leur lot kitch, plus au moins marqué : « Arènes Joyeuses » avec Allibert, « Fièvre de Camargue » avec Tino Rossi. « La Caraque blonde » scénario de Paul Ricard, « le Chien de Pique » avec Eddie Constantine, « d’où viens tu Johnny ?» (oui avec Halliday !)

La Camargue a été une terre de substitution, et elle a aisément remplacé les marais d’Indochine dans le « Fort du Fou » ; la pampa argentine dans « Fort Dolorès » (Mas Du Badon), voire l’Amérique du Sud dans « le Salaire de la peur » avec Yves Montand et Charles Vanel (camp gitan de Saliers de triste mémoire).

tino rossi
crin blanc Le célèbre « Riz Amer », étant sensé représenté les rizières italiennes, mais c’est la robe mouillée de Silvana Mingano qui passera à la postérité…

Le petit écran ne fut pas en reste, et de nombreux courts métrages, anglais, allemands voire américains, représenteront les sables du Sahara ou les Amériques dans « Des souris et des hommes »  de John Steinbeck.

L’avènement de la couleur permettra d’apprécier les chemises Soleïado, Olivades etc … dans les célèbres séries type Grand Batrerie et autres gardianades.

Dans cette synthèse cinématographique (et non exhaustive) nous n’oublierons pas les quatre courts métrages de Denis Colomb de Daunant : « Braco, Clamador, Le songe des chevaux sauvages et Crin Blanc », ce dernier coproduit avec Albert Lamorisse, et qui obtint le prix Jean Vigo 1956.

Champion toutes catégories en tant qu’ambassadeur du « Païs » ; Denis Colomb de Daunant a rejoint Folco, et son cheval, au Bois Sacré, littéralement HOLY WOOD, au bout de l’horizon…

Jacques Lanfranchi

14 février 2010


Sources :

Joé Hamman : Du Far West à Montmartre les éditeurs français réunis 1962

Encyclopédie de la Vie du delta sous la direction de Jean Bazal éditions panorama 1971

Eric Leguebe : Un siècle de cinéma français par ceux qui l’ont fait. Éditions Yfrane 1995.

Merci à Henri et Juliette Monleau pour les vieux souvenirs camarguais

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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