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jacques lanfranchi
Notes sur la Tauromachie à cheval, dite « Portugaise »

La saison estivale, riche en évènement taurin permet également pour des villages ou des
petites localités d’organiser certains spectacles que l’on qualifie de mineurs.

Il est vrai relayés par des articles dans les médias bien peu informé voire pauvres.
La corrida portugaise ou tourade, barbarisme tiré du terme portugais toiroda » (toiro : toro) a plusieurs synonymes d’élégance variable : pega, forcados, voire forcaderie…
En Espagne du 15ième au 17ième siècle les « caballeros en plaza » combattent le toro à cheval avec un javelot (rejon) qui remplace la célèbre lance de combat (lanza).

Il est à noter que ce type d’exercice peut se réaliser dans des fêtes royales ou dites de
bienfaisance. Cela constituait un très bon entraînement guerrier hors période de conflit.
L’appellation « caballero » étant plus prés du terme chevalier que cavalier, nous citerons en référence la célèbre Maestranza de Caballeria de Sevilla ou de Ronda .

Sous le règne de Philippe v, les nobles espagnols abandonnèrent le toreo à cheval.
La tradition des « cavaleiros en praça » se perpétue au Portugal jusqu’au 18ième, avec le costume Louis xv toujours employé de nos jours.
A la mort du Comte d’Arcos, sous la corne d’un toro, son frère le célèbre Marquis de Marialva interdit la mise à mort en piste, jugée trop dangereuse pour la noblesse lusitanienne.
A dater de 1762, le spectacle se fit avec des toros aux cornes épointées et munies d’un emboulage en cuir. Les toros sont rentrés vivants au toril avec un groupe de cabestros.
Par ailleurs une deuxième phase est instaurée dans la corrida portugaise : la pega (pegar : coller) les exécutants sont les pegadores .
Ce sont des groupes de huit à dix hommes par compagnie souvent étiquetés comme étudiant dont leur cachet permettrait leur scolarité.
L’origine est essentiellement rurale comme le symbole de la « força »* qui permet également de les nommer « forcados » ou mozo de forcado . La plus ancienne compagnie est celle de Montemoro , leur costume est celui des campinos de Ribatejo, lieu d’élevage bien connu au Portugal et titre également d’un des plus célèbres fados d’Amalia Rodriguez.
Ces forcados défilent en tête du paseo avec un chef de cuadrilla appelé capo, ce dernier d’ailleurs est présent au sorteo et décide de la stratégie à adapter en fonction des toros. C’est lui également qui remet le bonnet vert à l’homme qui va affronter le toro en position de premier.

Malgré les apparences, la technique pour saisir le toro présente plusieurs aspects très proches
de la réalisation d’une passe de muleta :

- provoquer le toro : avancer dans le terrain de l’animal avec force et élégance tout en
lui parlant avec le célèbre « hey toiro » c’est le toque. Avec un minimum de 5 mètres
pour laisser de la charge, c’est la distance.
- contrôler la charge du toro en reculant c’est l’équivalent du mando et du temple
- coordonner c’est l’ensemble de la cuadrilla qui se colle au toro et l’arrête, le remate.

Dans la manière de saisir le toro, la plus connue est la pega de cara (de face) avec une prise au
dessous des cornes (barbera) ou une prise par le haut (corna).
Il existe une variante avec deux hommes et les cabestros dite « cernalla » avec une prise aux
antérieurs pour l’un et à la queue pour l’autre.

Pour avoir vécu dans une infirmerie ou un service d’urgence l’arrivée de ces guerriers blessés
le minimum de respect est d’expliciter cette forme de tauromachie et de lui rendre ces lettres
de noblesse et d’aristocratie *.

Evitons de la confiner dans un spectacle de tauromachie de moindre importance ou d’importance moindre.

* força : fourche
*Aristocratie : ensemble de gens qui constitue l’élite dans un domaine quelconque.


Jacques Lanfranchi

août 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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